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Structure
  1. La synthèse du savoir
  2. Une ambition humaniste
  3. L’architecture du savoir universel
    1. Une organisation systématique
    2. La méthode de la « Concorde » (Concordia)
  4. Les thèmes fondamentaux
    1. La dignité de l’homme et la liberté du vouloir
    2. La Kabbale Chrétienne, ou la clé des Écritures
    3. La métaphysique de l’Un et de l’Être
    4. La magie naturelle et la religion universelle
    5. L’Encyclopédisme et la Symbolique du Nombre
  5. Entre condamnation et postérité secrète
    1. Le scandale et la condamnation
    2. Une oeuvre fondatrice de l’humanisme et de l’ésotérisme
  6. Les limites du projet
  7. L’héritage d’une utopie philosophique
  8. Annexe descriptive des Conclusiones nongentae in omni genere scientiarum
    1. Structure de l’ouvrage
    2. Aperçu des sujets traités
  9. En résumé
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Les « Conclusiones nongentae » de Pic de la Mirandole : thèmes, structure et portée philosophique

  • 08/11/2025
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En 1486, un jeune aristocrate italien de vingt-quatre ans, Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), achève une œuvre qui est à la fois un témoignage fascinant de la Renaissance et l’un des projets le plus ambitieux de la pensée : les Conclusiones nongentae in omni genere scientiarum (Neuf cents thèses sur tous les genres de sciences).

La synthèse du savoir

Plus qu’un simple recueil, cet ouvrage est un manifeste, une invitation au débat universel et une tentative sans précédent de synthétiser l’ensemble du savoir humain et divin. Pic projeta de les défendre publiquement à Rome lors d’un « concile philosophique » qu’il finança lui-même, offrant même de payer les frais de voyage de ses éventuels contradicteurs.

Citation originale (Oratio de hominis dignitate) :
« Philosophia quaerit veritatem, theologia invenit, religio possidet. Itaque, o viri, non eludite me auscultando: suscipite hanc religionem, amplexate hanc philosophiam. Quae certe sacra est et divina; et pro certo nisi nos mundaverimus, nisi nos ab omni voluptatum sorde purgaverimus, ad eam non possumus pervenire. »

Traduction :
« La philosophie cherche la vérité, la théologie la trouve, la religion la possède. C’est pourquoi, ô hommes, ne vous moquez pas de moi en m’écoutant : adoptez cette religion, embrassez cette philosophie. Elle est assurément sacrée et divine ; et il est certain que si nous ne nous purifions, si nous ne nous nettoyons de toute souillure des plaisirs, nous ne pouvons y parvenir. »

Cette dispute, qui n’eut jamais lieu, fut interdite par le Pape Innocent VIII après qu’une commission pontificale eut examiné les thèses et en eut condamné treize.

Plutôt que de se soumettre, Pic rédige une Apologie défendant les thèses incriminées. Il y argumente que les condamnations reposent sur des incompréhensions. Cette défense aggrave son cas : le pape Innocent VIII ordonne la destruction de toutes les thèses et menace Pic d’excommunication.

Une ambition humaniste

L’ambition de Pic était pourtant celle d’un humaniste chrétien : démontrer, par la confrontation des idées, que toutes les sagesses du monde – de la philosophie grecque à la mystique hébraïque – convergent, malgré leurs divergences apparentes, vers les mêmes vérités contenues in nuce dans la révélation chrétienne.

Les Conclusiones ne sont donc pas un système dogmatique, mais une cartographie de l’esprit humain en quête de Dieu, une « symphonie des doctrines » où Platon dialogue avec Aristote, Thomas d’Aquin avec Duns Scot, et où la Kabbale devient une clé de lecture ésotérique de l’Ancien Testament.

L’architecture du savoir universel

Les 900 thèses ne sont pas présentées de manière désordonnée. Leur agencement obéit à un plan précis qui reflète la vision hiérarchisée du savoir de Pic et sa méthode de travail, fondée sur la comparaison et la recherche des principes premiers.

Une organisation systématique

Pic divise ses thèses en plusieurs sections principales. D’abord, les thèses selon ses propres opinions (Conclusiones secundum opinionem propriam) : c’est le noyau original de sa philosophie.

Ensuite, les thèses selon les doctrines d’autrui (Conclusiones secundum alios) : Ici, il expose les pensées des auteurs qu’il estime les plus importants. On y trouve des sous-sections dédiées aux philosophes arabes (Averroès, Avicenne), aux philosophes grecs (Aristote, Alexandre d’Aphrodise), aux Sages Chaldéens (représentant l’Oracula Chaldaica, un texte de sagesse hellénistique), aux philosophes latins (Boèce, Sénèque), aux Sages Hébreux (les Kabbalistes) et aux écoles théologiques médiévales (Thomas d’Aquin, Albert le Grand, Jean Duns Scot...).

Cette structure n’est pas neutre. Elle place côte à côte des auteurs que la tradition scolastique avait souvent opposées, et elle accorde une place éminente à des sources non-chrétiennes, notamment la Kabbale juive.

La méthode de la « Concorde » (Concordia)

La méthode fondamentale de Pic est la recherche de la concorde. Il ne s’agit pas de noyer les différences dans un relativisme mou, mais de discerner, par-delà les disputes de mots et les perspectives partielles, une vérité une et cohérente.

Citation originale (Conclusiones, 1 > 6) :
« Qui in philosophia dogmatis diversa sequuntur, si profunde et non superflue philosophati sunt, in unam concordant veritatem. Et hoc est quod dixit Aristoteles in III° de anima, text. comment. 6: ‘Amicus quidem Socrates, amicus Plato, sed magis amica veritas.' »

Traduction :
« Ceux qui, en philosophie, suivent des doctrines diverses, s’ils ont philosophé en profondeur et non superficiellement, s’accordent en une seule et même vérité. Et c’est ce qu’a dit Aristote au troisième livre du traité De l’âme : ‘Socrate est mon ami, Platon est mon ami, mais la vérité est une plus grande amie.' »

Pic cite Aristote pour légitimer son propre projet. La recherche de la vérité doit passer avant la loyauté envers une école particulière. En creusant suffisamment, on découvre que toutes les grandes philosophies, en apparence contradictoires, pointent vers la même vérité universelle. Les différentes philosophies sont des langues diverses décrivant une même réalité divine.

Citation originale (Préface des Conclusiones) :
« Paridis commercium non feci: non enim, ut ille, tres deas simularem, ut earum sibi forma placeret, sed ut omnes simul, quod optabant, possiderent, quia omnes simul mihi placuerunt. »

Traduction :
« Je n’ai pas imité le marché de Pâris : car moi, je n’ai pas simulé trois déesses pour que leur beauté lui plaise, mais afin que toutes ensemble possèdent ce qu’elles désiraient, parce que toutes ensemble m’ont plu. »

Dans cet extrait, Pic se compare à Pâris, mais inverse le mythe. Alors que Pâris devait choisir une seule déesse, Pic refuse de trancher entre les différentes « déesses » que sont les traditions philosophiques. Il affirme les avoir toutes trouvées belles et désire les posséder toutes, non pour lui seul, mais pour révéler leur désir commun : la vérité. Cette méthode de la concordia est le moteur intellectuel des Conclusiones.

Explication : Selon le mythe grec, Éris (la Discorde) lança une pomme d’or « à la plus belle » lors des noces de Thétis et Pélée. Les trois déesses se disputèrent le titre et Zeus, refusant de s’impliquer directement, confia le jugement à Pâris, un prince troyen. Chaque déesse tenta de le corrompre : Héra lui offrit la puissance royale, Athéna, la sagesse et la gloire militaire et Aphrodite lui offrit l’amour de la plus belle femme (Hélène de Troie).Mais Pâris devait n’en choisir qu’une…

Les thèmes fondamentaux

La dignité de l’homme et la liberté du vouloir

C’est le thème le plus célèbre de Pic, qu’il développera dans son Discours sur la dignité de l’homme, souvent considéré comme le manifeste de la Renaissance. Dans les Conclusiones, cette idée est déjà pleinement présente et bien structurée métaphysiquement.

Pic rompt avec la conception médiévale qui définissait l’homme par sa place fixe dans la « grande chaîne des êtres », entre l’animal et l’ange.

Explication : La grande chaîne des êtres, en latin scala naturae, « l’échelle de la nature » est un concept métaphysique hérité de l’Antiquité (Aristote, Plotin) et systématisé au Moyen Âge. Il décrit l’univers comme une hiérarchie ordonnée et fixe de tous les êtres, du plus bas au plus parfait :Dieu, les anges (êtres purement spirituels), les humains (esprits incarnés, lien entre le monde spirituel et matériel), les animaux (êtres vivants et sensibles, mais sans raison), les végétaux (êtres vivants, mais sans sensation), les minéraux (êtres inanimés) et enfin la matière inerte. Chaque être a une place prédéfinie et une essence immuable dans cette chaîne. 

L’innovation radicale de Pic de la Mirandole a été de retirer l’homme de cette place fixe pour lui donner une nature libre et indéterminée, capable de descendre ou de monter librement dans cette échelle par son propre choix et son effort intellectuel. L’homme est donc un être de métamorphose, dont l’essence n’est pas prédéterminée mais est à la fois liberté et potentialité. Il n’a pas de « lieu » propre, ce qui lui permet de devenir tout.

Citation originale (Conclusion 7 > 7, Secundum opinionem propriam) :
« Non est datum homini proprium aliquod officium, nec quodlibet opus ei determinatum, sicut ceteris creaturis, sed quodlibet opus, quodlibet officium, unicuique et cuilibet datum est suum. »

Traduction :
« Il n’a été donné à l’homme aucun office propre, ni aucune œuvre déterminée, comme aux autres créatures, mais toute œuvre, tout office, a été donné en propre à chaque être. »

L’homme est le seul être qui doit se sculpter lui-même (sui ipsius quasi arbitrarius honorariusque plastes et fictor). Il peut déchoir au niveau de la bête par la vice ou s’élever au niveau du divin par l’exercice de son intellect et la contemplation. Cette thèse, qui anticipe l’existentialisme de quelques siècles, est tout à fait nouvelle pour l’époque: elle fait de l’anthropologie le centre de gravité de la métaphysique et place la responsabilité morale et intellectuelle de l’individu au premier plan.

Citation originale (Oratio de hominis dignitate) :
« Nec certam sedem, nec propriam faciem, nec munus ullum peculiare tibi dedimus, o Adam, ut quam sedem, quam faciem, quae munera tute optaveris, ea, pro voto, pro tua sententia, habeas et possideas. Definita ceteris natura intra praescriptas a nobis leges coercetur. Tu, nullis angustiis coercitus, pro tuo arbitrio, in cuius manu te posui, tibi illam praefinies. Medium te mundi posui, ut circumspiceres inde commodius quicquid est in mundo. »

Traduction :
« Nous ne t’avons donné, ô Adam, ni une place déterminée, ni un visage propre, ni aucun don particulier, afin que la place, le visage, les dons que tu auras toi-même souhaités, tu les obtiennes et les possèdes selon ton vœu et ton jugement. La nature définie des autres est contrainte à l’intérieur de lois prescrites par nous. Toi, que nulle étroitesse ne contraint, selon ton libre arbitre – entre les mains duquel je t’ai placé –, tu te la définiras toi-même. Je t’ai placé au centre du monde, afin que de là, tu inspectes plus commodément tout ce qui est dans le monde. »

La Kabbale Chrétienne, ou la clé des Écritures

Un des apports les plus novateur, et le plus choquant pour ses contemporains, est l’introduction massive de la Kabbale juive (qu’il écrit « Cabala ») dans le débat philosophique chrétien. Pic est le premier penseur chrétien à en faire un outil herméneutique central.

Explication : un outil herméneutique est un instrument conceptuel ou méthodologique qui aide à interpréter, comprendre et donner du sens à un texte, une œuvre d’art, un symbole ou tout autre objet porteur de signification. Le terme « herméneutique » vient du grec hermēneuein (« interpréter »), lui-même lié au dieu Hermès, le messager des dieux qui traduisait et transmettait les messages divins aux humains. C’est donc une clé de lecture qui permet de déchiffrer un sens qui n’est pas immédiatement évident.

Pic postule l’existence d’une prisca theologia, une théologie ancienne unique qui aurait été révélée à l’origine de l’humanité et transmise à travers diverses traditions : chaldéenne, égyptienne, hébraïque, grecque, perse. Selon lui, toutes les sagesses authentiques convergent vers les mêmes vérités. Les divergences apparentes résultent de la transmission imparfaite, des limitations du langage, ou de l’incompréhension des disciples. Un travail philologique et herméneutique rigoureux peut donc en retrouver l’unité cachée sous la diversité des formulations.

C’est dans ce cadre qu’il explique que la Kabbale n’est pas une superstition juive, mais une théologie révélée, transmise oralement depuis Moïse, qui permet de déchiffrer le sens secret et profond de l’Ancien Testament.

Citation originale (Conclusion 11 > 7, Secundum opinionem propriam) :
« Nulla est scientia, quae nos magis certificet de divinitate Christi, quam magia et cabala. »

Traduction :
« Il n’y a aucune science qui nous certifie davantage de la divinité du Christ que la magie et la kabbale. »

Cette thèse, qui fait partie de celles qui furent le plus condamnées par les ecclésiastiques, est audacieuse. Pic associe la Kabbale à la « magie » qu’il définit non comme une opération démoniaque, mais comme la science naturelle qui sait manipuler les forces et les sympathies cachées dans le cosmos. La Kabbale, quant à elle, est une « science des lettres » et des nombres. En manipulant les lettres hébraïques, considérées comme les constituants divins de la création, le Kabbaliste (et pour l’auteur, le « Kabbaliste chrétien ») peut remonter vers Dieu et prouver, par exemple, que le nom de Jésus (Yeshouah) est contenu dans le Tétragramme divin (YHWH).

Citation originale (Conclusion 11 > 13, Secundum opinionem propriam) :
« Cabalistae secreta, quae tradunt, non sunt ab eis inventa, sed a Moyse accepta, cui a Deo sunt revelata. »

Traduction :
« Les secrets que transmettent les Kabbalistes ne sont pas inventés par eux, mais reçus de Moïse, à qui ils ont été révélés par Dieu. »

En faisant de la Kabbale une tradition mosaïque antérieure et supérieure à la philosophie grecque, Pic lui confère une autorité quasi-biblique et en fait le complément ésotérique de la révélation chrétienne exotérique.

Citation originale (Conclusiones, 11 > 25) :
« Qui scierit in Cabala proprietates intelligentiarum, quae a Sapientibus dicuntur decem numerationes, et proprietates elementorum cum suis characteribus et figuris, quales sunt in scientia de alphabeto Hebraeorum, sciet totam Magicam naturalem, et totam Astrologiam iudiciariam, et totam artem Alchemiae, et finaliter omnes scientias naturales, quae sunt in mundo. »

Traduction :
« Celui qui connaîtra dans la Kabbale les propriétés des intelligences, que les Sages appellent les dix séfirot, et les propriétés des éléments avec leurs caractères et leurs figures, tels qu’ils sont dans la science de l’alphabet des Hébreux, connaîtra toute la Magie naturelle, et toute l’Astrologie judiciaire, et tout l’art de l’Alchimie, et finalement toutes les sciences naturelles qui sont dans le monde. »

La métaphysique de l’Un et de l’Être

La pensée de Pic est profondément néoplatonicienne. Il puise chez Plotin, Proclus et Denys l’Aréopagite une métaphysique de l’émanation. L’univers procède de l’Un, principe absolument simple et ineffable, par une série d’hypostases (l’Intellect, l’Âme). Le monde sensible est une image affaiblie de ce monde intelligible. Il cherche ainsi à concilier la thèse platonicienne (l’Un au-delà de l’Être) et la thèse aristotélicienne (l’Être comme réalité première). Cette question fera l’objet d’un traité séparé, le De ente et uno (1492).

Citation originale (Conclusion 5 > 1, Secundum opinionem propriam) :
« Esse et unum convertuntur, non solum in divinis, sed etiam in creaturis. »

Traduction :
« L’Être et l’Un sont convertibles, non seulement dans les réalités divines, mais aussi dans les créatures. »

Cette thèse s’oppose à la distinction aristotélico-thomiste où l’être (ens) est premier et l’un (unum) un de ses transcendantaux. Pour Pic, l’Un est premier. Toute chose est d’autant plus « être » qu’elle est « une », c’est-à-dire simple et proche de son principe. La chute dans la multiplicité est une chute dans le non-être relatif. Le but de la vie philosophique est donc la remontée (reditus) vers l’unité divine par la purification et la contemplation.

La magie naturelle et la religion universelle

La « magie » de Pic est une physique des forces occultes. Elle repose sur l’idée que l’univers est un réseau vivant de correspondances et de sympathies.

Explication : La pensée pré-moderne considérait l’univers comme un grand organisme vivant, un « macrocosme ». Toutes ses parties étaient liées par des influx invisibles, à l’image des différentes parties du corps humain qui communiquent entre elles.L’homme, microcosme contenant en lui tous les niveaux de la réalité, peut, par la connaissance de ces liens, agir sur le monde. Les sympathies sont donc des affinités naturelles et occultes, des forces d’attraction immatérielles qui relient les différents éléments de la création (astres, minéraux, végétaux, animaux) dans un vaste réseau d’influences réciproques. C’est le ciment invisible de l’univers, qui permet à la « magie naturelle » de fonctionner comme une science pratique des correspondances cosmiques. La Sympathie est la force qui pousse les êtres similaires ou complémentaires à s’attirer et à se renforcer mutuellement. Exemple classique : L’aimant et le fer. Il n’y a pas de contact visible ni de mécanisme évident, mais une force invisible (la sympathie) les fait s’unir. Autre exemple : Certaines plantes sont censées guérir les organes auxquels elles ressemblent (la théorie des signatures). La noix, qui ressemble à un cerveau, a une « sympathie » avec lui et est donc bonne pour les maux de tête. L’Antipathie est le principe inverse : une force de répulsion naturelle entre des choses opposées. On croyait par exemple que le diamant avait une telle antipathie avec le fer qu’il pouvait empêcher l’aimant de fonctionner. Par conséquent, le savant (ou « mage ») n’est pas un sorcier qui invoque des démons. C’est un observateur et un ingénieur des sympathies. Son art consiste à attirer quelque chose à distance en utilisant un objet qui lui est sympathique, à connaître ces liens cachés grâce à une étude approfondie de la nature, à les utiliser pour produire des effets prodigieux, mais naturels, par exemple guérir une maladie en utilisant une substance en sympathie avec l’organe malade. Pour Pic de la Mirandole, le Christ lui-même, en tant qu’être parfaitement en harmonie avec la structure du cosmos, maîtrisait parfaitement ces « sympathies » pour accomplir ses miracles.

Citation originale (Conclusion 9 > 5, Secundum opinionem propriam) :
« Magia naturalis est pars practica scientiae naturalis. »

Traduction :
« La magie naturelle est la partie pratique de la science naturelle. »

Cette magie n’a rien de contraire à la religion, car pour le jeune Italien la magie, la Kabbale et la philosophie des sages anciens forment les trois branches d’une même religion universelle, la prisca theologia, ou sagesse originelle dont les différents cultes et philosophies ne sont que des adaptations historiques. Il soutient que les œuvres du Christ ont été accomplies par une connaissance plus parfaite de cette magie et de cette Kabbale.

Citation originale (Conclusion 9 > 9, Secundum opinionem propriam) :
« Miracula Christi, quae fecit in mundo, per artem magicam et per cabalam fecit, et eadem nos facere posse, sicut ipse. »

Traduction :
« Les miracles du Christ, qu’il a accomplis dans le monde, il les a accomplis par l’art magique et par la kabbale, et nous pouvons faire les mêmes que lui. »

Cette thèse, qui frôle l’hérésie en semblant nier le caractère unique et divin de la puissance miraculeuse du Christ, fut naturellement condamnée par le Pape. Elle montre cependant l’extrême cohérence du système de Pic : tout est savoir, et le plus haut savoir donne accès aux plus hautes puissances, y compris celles que le Christ, homme parfait, maîtrisait.

L’Encyclopédisme et la Symbolique du Nombre

Au-delà de la métaphysique et de la théologie, les Conclusiones embrassent l’ensemble des savoirs de leur temps, y compris la philosophie naturelle avec la physique aristotélicienne et la cosmologie, mais également l’astronomie ptolémaïque et les mathématiques pythagoriciennes.

Pic démontre une connaissance fine des développements médiévaux, comme les travaux des calculatores d’Oxford sur le mouvement et les grandeurs. Cet encyclopédisme est couronné par une dimension symbolique : Pic justifie le nombre de 900 thèses par des considérations numérologiques, y voyant une figure du « retour de l’âme en elle-même, lorsqu’elle est enflammée par les Muses du délire prophétique ». Ce choix témoigne de l’influence profonde du pythagorisme et de la Kabbale, où le nombre n’est pas une quantité mais une qualité chargée de sens.

Entre condamnation et postérité secrète

Le scandale et la condamnation

Le projet de Pic fut un échec immédiat. La dispute de Rome qu’il réclamait fut interdite. Une commission papale, alertée sans doute par des ennemis de Pic qui voyaient d’un mauvais œil cette synthèse jugée dangereuse et syncrétiste, examina les thèses. Sur 900, treize furent condamnées.

Elles concernaient principalement l’affirmation que le Christ n’était pas descendu aux Enfers en personne, l’idée que le Christ avait opéré ses miracles par la Kabbale et la Magie, la justification par les œuvres de la loi mosaïque et enfin certaines positions considérées comme trop proches de l’averroïsme (l’unicité de l’intellect).

Pic tenta de se justifier dans une Apologia, mais fut contraint de fuir Rome et fut même brièvement emprisonné en France. Il finit par se rétracter partiellement et fut absous par le pape Alexandre VI en 1493, un an avant sa mort dont les causes demeurent mystérieuses.

Une oeuvre fondatrice de l’humanisme et de l’ésotérisme

Malgré son échec public, l’influence des Conclusiones fut immense et souterraine.

L’Idéal Humaniste : l’idée de la dignité de l’homme, de sa liberté et de sa perfectibilité devint un lieu commun de la Renaissance. Érasme, bien que critique envers l’ésotérisme de Pic, en fut l’héritier indirect.

La Kabbale chrétienne : Pic ouvrit la voie à tout un courant de la Renaissance. Johannes Reuchlin, Heinrich Cornelius Agrippa, John Dee et Giordano Bruno, parmi beaucoup d’autres, furent des « Kabbalistes chrétiens » qui poursuivirent et développèrent le projet picémien de déchiffrement du monde par les lettres hébraïques.

La philosophie de la nature : sa conception d’une magie naturelle et d’un cosmos vivant et interconnecté influença profondément la pensée alchimique et la naissance de la science moderne. Des figures comme Paracelse ou même Kepler, dans une certaine mesure, sont redevables à cette vision du monde.

Le Syncrétisme à l’origine d’une méthode : la tentative de Pic de construire une « philosophie première » en harmonisant toutes les traditions préfigure les grandes synthèses philosophiques de l’âge classique comme celle de Leibniz et même certains aspects de l’idéal encyclopédique des Lumières.

Les limites du projet

Si l’ambition des Conclusiones force l’admiration, les commentateurs modernes en soulignent plusieurs faiblesses structurelles qui en révèlent le caractère parfois utopique.

D’abord, l’ouvrage ne forme pas un système. La juxtaposition de 900 thèses, sans articulation forte, ressemble davantage à un catalogue érudit qu’à un système philosophique unifié. Pic échoue à construire l’édifice synthétique dont il proclame pourtant la nécessité, laissant au lecteur le soin d’opérer les connexions entre des affirmations souvent hétérogènes.

Ensuite, le postulat d’une concorde non démontrée. Son syncrétisme repose souvent sur un acte de foi philosophique plutôt que sur une démonstration rigoureuse. Pic postule l’harmonie des traditions plus qu’il ne l’établit par une analyse textuelle comparative. Cette démarche tend à aplanir les contradictions profondes et les contextes historiques pour les transformer sous une vérité chrétienne préétablie.

Cette méthode conduit inévitablement à une lecture anachronique et projective. En abordant les textes platoniciens, aristotéliciens ou kabbalistiques à travers le prisme de sa théologie chrétienne, Pic en dénature souvent le sens originel. Il leur fait dire, par des interprétations allégoriques ou forcées, ce qu’ils ne contiennent pas explicitement, transformant les Sages grecs ou hébreux en théologiens chrétiens avant l’heure

Enfin, on peut lui reprocher un traitement un peu superficiel des sources. S’il est un prodige linguistique et un lecteur omnivore, Pic n’avait, à 23 ans, ni le recul ni l’expérience nécessaires pour appréhender toute la complexité et la profondeur des traditions qu’il convoquait dans son ouvrage. Son approche, parfois plus encyclopédique que véritablement critique, peut verser dans le collage érudit au détriment d’une approche philosophique vraiment profonde.

Malgré ces critiques, le philosophe italien force le respect puisque, à l’âge ou certains sortent à peine de leurs études supérieures, il avait déjà écrit un ouvrage dont on parle encore près de 550 ans plus tard.

L’héritage d’une utopie philosophique

Les Conclusiones nongentae restent l’une des œuvres les plus ambitieuses et les plus fascinantes de l’histoire de la pensée. Elles sont le rêve d’un âge d’or où toutes les connaissances humaines, de la philosophie païenne à la mystique juive, s’uniraient pour célébrer la gloire du Dieu chrétien et révéler la grandeur de l’homme, cet être de passage dont la nature est de n’avoir pas de nature fixe.

L’échec du débat de Rome est symbolique : une telle synthèse était sans doute une utopie. La complexité des traditions, leurs incompatibilités irréductibles et les exigences dogmatiques de l’Église ne pouvaient être surmontées en une seule joute oratoire, ni probablement plusieurs. Comme toutes les utopies, celle du jeune philosophe italien ne manquait pas de grandeur.

Ainsi, Pic de la Mirandole nous a légué non pas un système de vérités dogmatiques, mais une méthode et un idéal : celui d’un savoir sans frontières, d’une raison ouverte à toutes les formes de sagesse, et d’une foi confiante dans la capacité de l’esprit humain à embrasser l’univers pour, finalement, se retrouver lui-même et retrouver son Créateur.

En cela, les Conclusiones sont bien plus qu’un document historique ; elles sont une invitation à penser grand, à chercher la concorde dans la diversité et à croire en la vocation illimitée de l’intelligence humaine. Elles sont probablement très utiles dans la période que nous traversons, période qui semble agitée de communautarismes et d’idées en forte opposition qui semblent menacer l’existence même de l’humanité en tant que communauté pensante tournée vers un avenir meilleur.

Citation originale (Conclusion 1 > 6, Secundum opinionem propriam) :
« Sicut esse Dei est fundatum in seipso, ita esse creaturae est fundatum in Deo. »

Traduction :
« De même que l’être de Dieu est fondé en lui-même, de même l’être de la créature est fondé en Dieu. »

Cette citation résume l’horizon ultime du projet de Pic : montrer que toute la chaîne du savoir, de la plus humble réalité physique à la plus haute spéculation métaphysique, trouve son fondement et son unité dans l’Être divin, source et fin de toute chose.

Le jeune philosophe disparu prématurément 7 ans après la complétion de son ouvrage nous dirait sans doute qu’il ne faut pas choisir une seule déesse mais en revanche qu’il nous appartient de trouver seul le chemin de la vérité.

Annexe descriptive des Conclusiones nongentae in omni genere scientiarum

Structure de l’ouvrage

Première section (thèses 1-402)

Cette section historique présente les doctrines d’autres penseurs, organisée par traditions :

  • Conclusions selon les kabbalistes hébreux (47 thèses)
  • Conclusions selon Thomas d’Aquin (45 thèses)
  • Conclusions selon Jean Duns Scot (40 thèses)
  • Conclusions selon les philosophes arabes : Averroès, Avicenne, Al-Farabi, Avempace, Isaac Israeli, Maïmonide
  • Conclusions selon les philosophes grecs péripatéticiens : Théophraste, Ammonius, Simplicius, Alexandre d’Aphrodise, Thémistius
  • Conclusions selon les platoniciens : Plotin, Porphyre, Jamblique, Proclus
  • Conclusions selon les pythagoriciens
  • Conclusions selon les théologiens chaldéens
  • Conclusions selon Hermès Trismégiste

Seconde section (thèses 403-900)

Il s’agit des positions personnelles de Pic, organisées thématiquement :

  • Conclusions sur la kabbale et la magie naturelle
  • Dix-sept conclusions paradoxales conciliant Aristote et Platon (thèses 403-419)
  • Quatre-vingts conclusions philosophiques selon son opinion propre (thèses 420-499)
  • Soixante et onze conclusions paradoxales introduisant de nouveaux dogmes (thèses 500-570)
  • Vingt-neuf conclusions théologiques (thèses 571-599)
  • Soixante-deux conclusions sur Platon (thèses 600-661)
  • Conclusions mathématiques selon les Pythagoriciens
  • Quinze conclusions sur les Oracles chaldéens

Aperçu des sujets traités

Philosophie Naturelle et Cosmologie (Physica)

Ces thèses portent sur la nature du monde physique, s’appuyant souvent sur Aristote mais en y intégrant des perspectives néoplatoniciennes et hermétiques.

  • Sur la matière et la forme : Il défend des positions sur l’unité de la forme substantielle dans les êtres composés (une question très débattue au Moyen Âge).
  • Sur le mouvement et le temps : Des conclusions sur la définition du mouvement, l’infini, et l’instant.
  • Sur les cieux et les astres : Il aborde la nature des corps célestes, leur mouvement et leur influence. C’est ici que se niche sa conception « magique » de l’astrologie comme science des influences naturelles.
    • Exemple : « Caelum est instrumentum divinae providentiae » (« Le ciel est l’instrument de la divine providence »).
  • Sur les éléments : Des thèses sur les quatre éléments (terre, eau, air, feu), leurs transformations et leurs qualités.

Métaphysique et Théologie Philosophique

C’est le cœur spéculatif de l’œuvre, où Pic dépasse la physique pour s’attaquer aux principes premiers de la réalité.

  • Sur l’être et l’essence : Il discute de la distinction entre l’essence et l’existence, un débat central entre thomistes et scotistes.
  • Sur l’Un et le Bien : il développe la primauté de l’Un (néoplatonisme) sur l’Être (aristotélisme).
  • Sur la causalité : Comment le monde émane-t-il de Dieu ? Il explore les causes efficiente, formelle, finale et matérielle.
  • Sur les noms divins : Comment pouvons-nous parler de Dieu ? Ces thèses touchent à la théologie négative (dire ce que Dieu n’est pas).

Psychologie et Théorie de la Connaissance (De Anima)

Ces conclusions portent sur la nature de l’âme, ses facultés et son fonctionnement.

  • Sur les facultés de l’âme : Il distingue l’intellect actif et l’intellect possible, la raison, la mémoire et l’imagination.
  • Sur l’immortalité de l’âme : Il avance des arguments pour prouver que l’âme intellective est immatérielle et éternelle.
  • Sur l’union de l’âme et du corps : Comment l’âme immatérielle peut-elle être la « forme » du corps matériel ?
    • Exemple : « Anima intellectiva est vere immortalis » (« L’âme intellective est véritablement immortelle »).

Éthique et Philosophie Morale

Pic ne néglige pas la question de la vie bonne, cruciale pour un humaniste.

  • Sur le Souverain Bien : Quelle est la fin ultime de l’homme ? La contemplation, l’action vertueuse, l’union avec Dieu ?
  • Sur les vertus : Il analyse les vertus cardinales (prudence, justice, force, tempérance) et les vertus théologales (foi, espérance, charité).
  • Sur la béatitude : En quoi consiste le bonheur suprême et comment l’atteindre.

Logique et Philosophie du Langage

Ces thèses, plus techniques, s’attaquent aux instruments mêmes de la pensée philosophique.

  • Sur les catégories d’Aristote : Il propose des interprétations parfois non orthodoxes des dix catégories (substance, qualité, quantité, etc.).
  • Sur les universaux : La question médiévale par excellence : les concepts généraux (comme « l’humanité ») existent-ils indépendamment des choses (réalisme), ou ne sont-ils que des noms (nominalisme) ? Pic défend une position modérée.
  • Sur les syllogismes et la démonstration : Des règles de raisonnement logique.

Théologie Scolastique et Questions Doctrinales

Pic se confronte directement aux grands maîtres de la théologie médiévale sur des points précis de doctrine.

  • Sur la Trinité : Il propose des analogies pour comprendre le mystère des trois personnes en un seul Dieu.
  • Sur la Christologie : La nature du Christ (divine et humaine), l’Incarnation, la Rédemption.
  • Sur les sacrements : Notamment l’Eucharistie et la transsubstantiation.
  • Sur la grâce et le libre arbitre : Un débat crucial entre thomistes (qui insistent sur la prédestination) et scotistes (qui défendent la liberté humaine). Pic, fidèle à son idée de la dignité humaine, penche pour une forte défense du libre arbitre.
    • Exemple : « Christus non descendit ad inferos in propria persona » (« Le Christ n’est pas descendu aux enfers en propre personne »). Cette thèse fut condamnée car elle semblait contredire le Credo.

Les Doctrines des Autres Écoles (Secundum Alios)

Cette partie est une encyclopédie de l’histoire de la pensée, où Pic restitue avec une érudition stupéfiante les positions d’autrui, souvent pour montrer qu’elles préparent ou convergent vers la vérité chrétienne.

  • Selon Averroès la doctrine de l’« intellect unique » pour tous les hommes (que Pic rejette).
  • Selon Avicenne la métaphysique de l’émanation.
  • Selon les Sages Chaldéens avec une exploration des Oracles Chaldaïques pour y trouver une théologie païenne compatible avec le platonisme.
  • Selon Thomas d’Aquin, Duns Scot, Albert le Grand : le détail des disputes subtiles qui divisaient les ordres religieux (Dominicains vs Franciscains) pour tenter de les réconcilier.

En résumé

Les 900 thèses forment une carte complète du savoir de la fin du XVe siècle. Elles couvrent la logique (l’outil), la physique (le monde naturel), la psychologie (l’âme humaine),la métaphysique (les principes premiers), les traditions ésotériques (la Kabbale, la magie), l’éthique (la vie bonne) et la théologie (la révélation divine).

L’ambition de Pic n’était pas d’énumérer 900 idées aléatoires, mais de démontrer que chacun de ces domaines, abordé avec profondeur, conduit à une même vision unifiée, harmonieuse et chrétienne du réel, où l’homme, être libre et central, est appelé à une remontée contemplative vers Dieu par l’exercice total de son intelligence. C’est un concept où tout est lié : la loi naturelle des sympathies, la structure linguistique de la Kabbale, les catégories de la logique et la hiérarchie des êtres convergent toutes vers le même point focal.

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