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Structure
  1. En raccourci
  2. Origines et formation viennoise
    1. Une famille de tradition militaire
    2. La rencontre décisive avec Brentano
  3. Les premières recherches : Hume et la théorie des relations
    1. Les études sur Hume
    2. Le programme philosophique de 1885
  4. La chaire de Graz et la fondation d’une école
    1. L’installation à Graz
    2. Le laboratoire de psychologie expérimentale
  5. La théorie de la valeur
    1. Une axiologie fondée sur les émotions
    2. Vers une axiologie objectiviste
  6. La théorie des objets : l’œuvre de maturité
    1. Les assomptions et les objectifs
    2. La Gegenstandstheorie de 1904
    3. Le débat avec Russell
  7. Probabilité et présentation émotionnelle
    1. Les œuvres tardives
    2. Une autobiographie philosophique
  8. Mort et dispersion de l’école de Graz
  9. Réception et postérité
    1. L’éclipse et la redécouverte
    2. Le néomeinongianisme contemporain
  10. L’héritage d’une ontologie audacieuse
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Portrait fictif d'Alexius Meinong, philosophe autrichien ; cette image imaginaire ne représente pas le philosophe réel.
  • Biographies
  • Phénoménologie

Alexius Meinong (1853–1920) : l’ontologie des objets inexistants

  • 27/01/2026
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INFOS-CLÉS

Nom d’origineAlexius Meinong Ritter von Handschuchsheim
OrigineEmpire autrichien (Galicie, Styrie)
Importance★★★
CourantsPhilosophie de l’objet, réalisme autrichien, psychologie descriptive
Thèmesthéorie des objets, objets inexistants, intentionnalité, « objectifs », assomptions, être-tel (Sosein)

Philosophe et psychologue autrichien, Alexius Meinong développe une ontologie audacieuse qui accorde un statut aux objets inexistants. Formé par Franz Brentano, il fonde à Graz le premier laboratoire de psychologie expérimentale d’Autriche-Hongrie et élabore une théorie des objets (Gegenstandstheorie) dont l’influence s’étend à la phénoménologie comme à la philosophie analytique.

En raccourci

Alexius Meinong naît en 1853 à Lemberg, dans l’Empire autrichien. Après des études d’histoire à Vienne, il se tourne vers la philosophie sous l’influence de Franz Brentano. En 1882, il obtient une chaire à l’université de Graz, où il passera toute sa carrière.

Sa contribution majeure est la « théorie des objets » : Meinong soutient qu’il existe des objets qui n’existent pas au sens strict. Une montagne d’or ou un cercle carré peuvent être pensés, donc ils possèdent certaines propriétés — ils ont un « être-tel » (Sosein) indépendamment de leur existence réelle. Cette thèse provocatrice lui vaudra les critiques de Bertrand Russell, mais aussi une postérité durable.

Meinong fonde en 1894 l’Institut de psychologie de Graz, où se forment des penseurs comme Christian von Ehrenfels, fondateur de la psychologie de la Gestalt. Il meurt à Graz en 1920, laissant une œuvre longtemps éclipsée par la célébrité de Husserl, mais qui connaît aujourd’hui un regain d’intérêt considérable.

Origines et formation viennoise

Une famille de tradition militaire

Alexius Meinong naît le 17 juillet 1853 à Lemberg, capitale de la Galicie autrichienne (aujourd’hui Lviv en Ukraine). Son père, Anton von Meinong, officier de l’armée impériale, obtient le titre héréditaire de Ritter (chevalier) en 1851 et atteint le grade de général de division. Les ancêtres de la famille proviennent du sud-ouest de l’Allemagne, à Handschuchsheim près de Heidelberg.

De 1868 à 1870, le jeune Meinong fréquente l’Akademisches Gymnasium de Vienne. Il entre ensuite à la faculté de droit de l’université de Vienne, où les cours d’économie de Carl Menger éveillent son intérêt pour les questions théoriques. En 1874, il obtient un doctorat en histoire avec une thèse sur Arnaud de Brescia, réformateur religieux du XIIᵉ siècle. Cette figure — qui prônait la séparation des affaires religieuses et séculières — exercera une influence durable sur les convictions politiques de Meinong.

La rencontre décisive avec Brentano

Durant le semestre d’hiver 1874-1875, Meinong s’oriente résolument vers la philosophie. Franz Brentano vient d’être nommé à la faculté de Vienne, et Meinong devient son élève de 1875 à 1878. Cette formation s’avère déterminante. Brentano enseigne alors sa psychologie descriptive, fondée sur le concept d’intentionnalité — l’idée que tout acte mental se dirige vers un objet. Aux côtés de Meinong étudient également Edmund Husserl, Carl Stumpf, Anton Marty et Sigmund Freud.

La relation entre maître et élève demeure toutefois complexe. Brentano considère que Meinong manque de talent philosophique ; Meinong, de son côté, ressent le besoin de s’affranchir d’une personnalité qu’il juge trop dominatrice. Plus tard, il affirmera que son mentor ne l’a pas directement orienté vers la philosophie, tout en reconnaissant l’aide apportée à sa progression intellectuelle.

Cette période viennoise voit naître des amitiés durables, notamment avec le musicologue Guido Adler et les philosophes Christian von Ehrenfels, Alois Höfler et Anton von Oelzelt-Newin, qui furent aussi ses élèves. Meinong manifeste par ailleurs un fort attachement à la musique : pianiste et violoniste accompli, il compose des lieder et s’intéresse aux questions d’esthétique musicale.

Les premières recherches : Hume et la théorie des relations

Les études sur Hume

En 1877, Meinong publie sa première étude importante : Hume Studien I. Zur Geschichte und Kritik des modernen Nominalismus (« Études sur Hume. Pour l’histoire et la critique du nominalisme moderne »). Il y examine la théorie des idées abstraites et le nominalisme chez l’empiriste écossais. Une seconde étude paraît en 1882 : Hume Studien II. Zur Relationstheorie (« Études sur Hume II. De la théorie des relations »), où Meinong développe une analyse originale des relations.

Ces travaux précoces témoignent d’une double influence. D’un côté, la psychologie descriptive de Brentano ; de l’autre, l’empirisme britannique. Cette combinaison caractérisera l’ensemble de son œuvre. Meinong s’intéresse particulièrement à la manière dont les relations — la différence, la ressemblance, l’égalité — peuvent être objectivement saisies par l’esprit sans se réduire à de simples associations psychologiques.

Le programme philosophique de 1885

Trois ans plus tard paraît Über philosophische Wissenschaft und ihre Propädeutik (« De la science philosophique et de sa propédeutique », 1885). Meinong y expose sa conception de la philosophie comme un ensemble de sciences unifiées par leur rapport aux « expériences intérieures ». Il refuse toutefois de subordonner la philosophie à la psychologie. Comme Husserl, il stigmatise le psychologisme, c’est-à-dire la réduction des lois logiques à des lois psychologiques.

Cet ouvrage programmatique naît d’une intention pratique : critiquer les directives ministérielles autrichiennes qui réduisaient les heures d’enseignement de la propédeutique philosophique dans les lycées. Meinong y défend l’idée que l’enseignement de la philosophie doit procéder par expérimentation et discussion plutôt que par transmission de résultats achevés. L’incertitude n’est pas un obstacle, mais un défi didactique fécond.

La chaire de Graz et la fondation d’une école

L’installation à Graz

En 1882, Meinong obtient un poste de professeur à l’université de Graz, en Styrie. Il y est promu titulaire de la chaire de philosophie en 1889 et y demeurera jusqu’à sa mort en 1920. Graz devient le centre de son activité intellectuelle et le berceau d’une véritable école philosophique.

Son enseignement attire rapidement des étudiants prometteurs. Parmi ses élèves de la première période figurent Christian von Ehrenfels, Alois Höfler et Anton Oelzelt-Newin. Ehrenfels publiera en 1890 son article fondateur « Über Gestaltqualitäten » (« Des qualités de forme »), posant les bases de la psychologie de la Gestalt. Les travaux de Meinong sur les « objets d’ordre supérieur » — ces objets complexes fondés sur des objets plus simples, comme une mélodie fondée sur des notes — influencent directement ces recherches sur la perception des formes.

Le laboratoire de psychologie expérimentale

En 1894, Meinong fonde l’Institut de psychologie de Graz (Grazer Psychologisches Institut), premier laboratoire de psychologie expérimentale d’Autriche-Hongrie. Il entretient des contacts avec les grandes figures de la psychologie de son temps : Wilhelm Wundt, Hermann Ebbinghaus, Georg Elias Müller, Carl Stumpf, Oswald Külpe.

L’école de Graz se distingue par son approche à la fois phénoménologique et expérimentale. Ses membres — Stephan Witasek, Vittorio Benussi, Rudolf Ameseder, Ernst Mally, Eduard Martinak, Fritz Heider — développent les théories de Meinong dans des domaines variés : psychologie de la perception, esthétique, logique, théorie de la connaissance. Witasek approfondit notamment la théorie de la valeur esthétique, tandis que Benussi réalise des expériences décisives sur la perception des Gestalten.

La théorie de la valeur

Une axiologie fondée sur les émotions

Dans ses Psychologisch-ethische Untersuchungen zur Werttheorie (« Recherches psychologico-éthiques pour la théorie de la valeur », 1894), Meinong jette les bases d’une théorie générale de la valeur. Il dialogue avec les économistes autrichiens Carl Menger et Friedrich von Wieser, dont il reprend l’approche subjectiviste tout en la critiquant et la modifiant.

Sa stratégie consiste à fonder la valeur sur les sentiments de valeur (Wertgefühle), notamment ce qu’il appelle la Seinsfreude (joie devant l’existence d’un objet) et la Seinsleid (tristesse face à cette existence). Il étend la théorie économique de l’utilité marginale à l’ensemble des domaines axiologiques, en particulier l’éthique. Pour Meinong, l’éthique est entièrement déterminée par la distinction entre valeur et non-valeur.

Vers une axiologie objectiviste

Cette position subjectiviste initiale évolue progressivement. À partir de 1912, avec son article « Für die Psychologie und gegen den Psychologismus in der allgemeinen Werttheorie » et surtout dans Über emotionale Präsentation (« De la présentation émotionnelle », 1917), Meinong adopte un point de vue objectiviste. Les valeurs ne se réduisent plus à des états psychologiques du sujet : elles possèdent une objectivité propre, comparable à celle des objets de la connaissance.

Ce tournant s’articule à sa théorie des objets. Meinong introduit les concepts de « dignitatifs » (propriétés de valeur) et de « désidératifs » (propriétés de désirabilité), qui entretiennent des relations ontologiques spécifiques avec les autres catégories d’objets.

La théorie des objets : l’œuvre de maturité

Les assomptions et les objectifs

Über Annahmen (« Des assomptions », 1902, seconde édition augmentée en 1910) constitue sans doute l’ouvrage le plus important de Meinong. Il y décrit une classe d’actes mentaux intermédiaires entre la simple représentation et le jugement. Une « assomption » possède, comme le jugement, un facteur d’affirmation ou de négation, mais sans élément de conviction. Quand on imagine une hypothèse, on l’assume sans l’affirmer.

En travaillant sur cette question — initialement motivée par la psychologie du jeu et du faire-semblant —, Meinong découvre qu’il a besoin d’une ontologie des objets des jugements et des assomptions. Il nomme ces objets « objectifs » (Objektive). Un objectif est ce qui est visé par un jugement ou une assomption, par exemple que la neige est blanche. Les objectifs ne sont pas des objets ordinaires : ils subsistent ou ne subsistent pas, mais n’existent jamais au sens propre. Un objectif subsistant est un fait (Tatsache) ; un objectif non subsistant est un non-fait (Untatsache).

La Gegenstandstheorie de 1904

L’exposé programmatique de la théorie des objets paraît en 1904, dans le volume collectif Untersuchungen zur Gegenstandstheorie und Psychologie, publié pour le dixième anniversaire de l’Institut de Graz. L’article de Meinong, « Über Gegenstandstheorie » (« De la théorie des objets »), formule les thèses centrales de son système.

La thèse fondamentale affirme que l’« être-tel » (Sosein) d’un objet est indépendant de son être (Sein). Une montagne d’or possède la propriété d’être montagne et d’être en or, indépendamment du fait qu’elle n’existe pas. Meinong peut donc affirmer qu’« il y a des objets dont il est le cas qu’il n’y a pas de tels objets » — formule paradoxale qui exprime l’indépendance du Sosein par rapport au Sein.

Meinong distingue plusieurs modes d’être. Les objets matériels existent (existieren) dans l’espace et le temps. Les objets idéaux — relations, nombres, objectifs — subsistent (bestehen) sans exister. Enfin, certains objets ni n’existent ni ne subsistent : ils se tiennent « au-delà de l’être et du non-être » (Außersein). La théorie des objets, science a priori plus générale que la métaphysique, étudie tout ce qui peut être objet de pensée.

Le débat avec Russell

Bertrand Russell lit Meinong avec intérêt au début des années 1900. Les deux philosophes entretiennent une correspondance. Russell reconnaît d’abord la valeur des analyses de Meinong ; dans The Principles of Mathematics (1903), il défend des positions proches. Toutefois, son célèbre article « On Denoting » (1905) marque une rupture.

Russell objecte que la théorie de Meinong conduit à des contradictions. Le « cercle carré rond » serait à la fois rond et non rond ; le « roi de France existant » devrait exister et ne pas exister dans la république française. Sa théorie des descriptions définies propose une cure radicale : les expressions comme « la montagne d’or » ne sont pas des noms désignant des objets, mais des symboles incomplets à éliminer par analyse logique.

Meinong répond en distinguant deux formes de négation. La négation de phrase (« Il n’est pas le cas que A soit B ») diffère de la négation de prédicat (« A est non-B »). Pour les objets impossibles, ces deux formes ne sont pas équivalentes. Il distingue également « être existant » comme détermination du Sosein et « exister » comme détermination du Sein. Ces réponses ne convainquent pas Russell, mais le débat contribue à la notoriété internationale de Meinong.

Probabilité et présentation émotionnelle

Les œuvres tardives

Les dernières années de Meinong sont consacrées à l’approfondissement et à la systématisation de sa pensée. Über Möglichkeit und Wahrscheinlichkeit (« De la possibilité et de la probabilité », 1915) développe la notion d’« objets incomplets » et introduit les concepts de « moment modal » et de « factualité atténuée » (depotenzierte Tatsächlichkeit). Meinong y répond indirectement aux objections logiques de Russell.

Über emotionale Präsentation (« De la présentation émotionnelle », 1917) représente une contribution originale à l’épistémologie de la valeur. Meinong y montre comment les émotions peuvent avoir une fonction de présentation analogue à celle des actes intellectuels : elles nous donnent accès aux propriétés axiologiques des objets.

Une autobiographie philosophique

Peu avant sa mort, Meinong rédige une autobiographie intellectuelle, publiée en 1921 dans le volume collectif Die deutsche Philosophie der Gegenwart in Selbstdarstellungen. Il y reconnaît n’avoir jamais trouvé de définition conceptuellement exacte de la philosophie, tout en retraçant l’évolution de son système.

Catholique de naissance, Meinong maintient toute sa vie une attitude critique envers l’Église. Comme Arnaud de Brescia, il défend la séparation du religieux et du séculier, ainsi que l’égalité politique de toutes les confessions. Il critique l’enseignement religieux dans les lycées autrichiens comme une restriction à la liberté d’opinion.

Mort et dispersion de l’école de Graz

Alexius Meinong meurt à Graz le 27 novembre 1920. L’école qu’il a fondée ne lui survit guère sous sa forme institutionnelle. Stephan Witasek, qu’il avait désigné comme successeur, décède en 1915. Vittorio Benussi est contraint de quitter l’Autriche en 1918 et poursuit sa carrière en Italie. Ferdinand Weinhandl et Fritz Heider, ses derniers étudiants, quittent Graz ; les activités du laboratoire s’interrompent.

Ernst Mally, successeur officiel de Meinong à la chaire de philosophie, s’éloigne progressivement de la théorie des objets. Parmi les élèves qui perpétuent l’héritage du maître, Benussi en Italie et France Veber en Slovénie développent les thèses de la psychologie et de l’ontologie de Graz jusqu’au milieu du XXᵉ siècle.

Réception et postérité

L’éclipse et la redécouverte

Durant plusieurs décennies, l’œuvre de Meinong demeure dans l’ombre. Les critiques de Russell, relayées par Gilbert Ryle et Willard Van Orman Quine, lui confèrent une réputation d’excentrique dont la « jungle » ontologique mériterait d’être rasée au nom du rasoir d’Occam. La célébrité de Husserl et Heidegger contribue également à cette éclipse.

La redécouverte commence dans les années 1970. Roderick Chisholm publie en 1960 une traduction anglaise de l’article de 1904 et contribue à faire connaître les thèses de Meinong dans le monde anglophone. En 1973, il expose les principales thèses de la théorie des objets dans « Beyond Being and Nonbeing ».

Le néomeinongianisme contemporain

Terence Parsons (Nonexistent Objects, 1980) et Richard Routley (Exploring Meinong’s Jungle and Beyond, 1979-1980) développent des versions logiquement rigoureuses du meinongianisme. Parsons introduit la distinction entre propriétés « nucléaires » (constitutives) et « extranucléaires », tandis que Routley défend un « nonéisme » radical qui conteste le présupposé ontologique de la logique classique.

Edward Zalta élabore une théorie des objets abstraits qui distingue deux modes de prédication : « exemplifier » et « encoder » une propriété. Graham Priest propose un « meinongianisme modal » qui utilise les mondes possibles et impossibles. Dale Jacquette défend une interprétation plus fidèle aux textes originaux de Meinong.

Ces approches trouvent des applications dans la philosophie de la fiction, la sémantique des noms vides, la logique des contextes intentionnels et la métaontologie. La question de savoir comment nous pouvons penser et parler d’objets inexistants — licornes, personnages romanesques, états de choses contrefactuels — demeure vive dans la philosophie contemporaine.

L’héritage d’une ontologie audacieuse

Alexius Meinong occupe une place singulière dans l’histoire de la philosophie. Formé dans la tradition autrichienne issue de Brentano, il développe une ontologie qui anticipe des problèmes centraux de la philosophie analytique tout en maintenant un ancrage phénoménologique. Sa théorie des objets offre un cadre pour penser l’intentionnalité sans réduire les objets de pensée à des contenus mentaux.

Son apport principal réside dans la distinction entre l’être-tel et l’être d’un objet. Cette distinction permet de rendre compte du fait que nous pouvons attribuer des propriétés à des objets inexistants sans présupposer leur existence. Elle ouvre un espace conceptuel entre le pur néant et l’existence pleine, où peuvent se déployer les objets de la fiction, de l’imagination et de la pensée hypothétique.

L’école de Graz qu’il a fondée contribue de manière décisive à la psychologie de la Gestalt, à la théorie de la valeur et à la philosophie du langage. Si Meinong reste moins célèbre que son condisciple Husserl, son influence souterraine sur la philosophie du XXᵉ siècle — à travers Russell, Wittgenstein, les logiciens polonais et les métaphysiciens analytiques contemporains — témoigne de la fécondité d’une pensée qui refuse de confondre ce qui peut être pensé avec ce qui existe.

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