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Structure
  1. En raccourci
  2. Origines germaniques et immigration
  3. Entre théologie et philosophie
  4. Premiers postes et radicalisme
  5. Kant et l’établissement académique
  6. La naissance d’un projet éditorial visionnaire
  7. L’expansion de la Bibliothèque des Philosophes Vivants
  8. Carrière académique et controverses
  9. Rayonnement international
  10. Engagement politique et social
  11. La poursuite de l’œuvre
  12. Distinctions et synthèses tardives
  13. Une vie de dialogue et d’engagement
  14. Héritage et pertinence contemporaine
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Image fictive et imaginaire de Paul Arthur Schilpp, ne représentant pas le philosophe réel
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Paul Arthur Schilpp (1897–1993) : l’architecte du dialogue philosophique

  • 25/11/2025
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OrigineAllemagne, États-Unis
Importance★★★
CourantsPhilosophie morale, Histoire de la philosophie
ThèmesBibliothèque des Philosophes Vivants, Dialogue philosophique, Éthique kantienne, Méthodologie philosophique, Clarification conceptuelle

Philosophe et éditeur américain d’origine allemande, Paul Arthur Schilpp transforma durablement les pratiques de la discipline en fondant la Library of Living Philosophers. Cette collection permit aux grands penseurs du XXᵉ siècle de répondre directement à leurs critiques, instaurant une forme inédite de dialogue philosophique.

En raccourci

Né en Allemagne et immigré aux États-Unis à seize ans, Paul Arthur Schilpp mena une carrière marquée par l’engagement intellectuel et la controverse. Ministre méthodiste devenu philosophe universitaire, il fut renvoyé de deux institutions pour radicalisme avant de s’établir à Northwestern University.

Sa contribution majeure reste la fondation en 1939 de la Library of Living Philosophers, collection qui rassemble pour chaque volume l’autobiographie intellectuelle d’un grand penseur, des essais critiques de ses contemporains et ses réponses aux objections formulées. De John Dewey à Karl Popper, de Bertrand Russell à Albert Einstein, dix-neuf volumes parurent sous sa direction jusqu’en 1981.

Spécialiste de Kant, militant pacifiste et défenseur du gouvernement mondial, Schilpp incarna une conception de la philosophie tournée vers la clarification conceptuelle et l’engagement dans les débats publics. Son discours présidentiel à l’American Philosophical Association, intitulé « L’abdication de la philosophie », dénonça la tendance de la discipline à se retirer des questions urgentes de son temps.

Origines germaniques et immigration

Né le 6 février 1897 à Dillenburg, petite ville de Hesse en Allemagne, Paul Arthur Schilpp grandit dans un milieu religieux : son père exerçait les fonctions de ministre méthodiste. En 1913, la famille prit la décision de traverser l’Atlantique. Âgé de seize ans, Schilpp se retrouva plongé dans un environnement linguistique et culturel radicalement nouveau.

Ne parlant pas anglais à son arrivée, il s’inscrivit néanmoins au Baldwin-Wallace College dans l’Ohio. Confronté à la barrière de la langue, il s’imposa un apprentissage intensif par immersion totale dans les textes académiques et les conversations quotidiennes. Cette détermination porta ses fruits rapidement : dès 1916, il obtint son diplôme de premier cycle (Bachelor of Arts). L’expérience de l’immigration marqua profondément sa sensibilité intellectuelle, forgeant chez lui une conscience aiguë des différences culturelles et une méfiance envers les nationalismes.

Entre théologie et philosophie

Suivant d’abord la voie paternelle, Schilpp s’orienta vers le ministère religieux. En 1918, à vingt et un ans, il devint ministre de l’église du Calvaire à Terre Haute, dans l’Indiana. Durant trois années, il exerça cette fonction tout en nourrissant des interrogations théologiques de plus en plus pressantes. Les dogmes traditionnels du méthodisme lui semblaient insuffisants face aux défis intellectuels de l’époque.

Cette tension entre foi héritée et questionnement rationnel le poussa à reprendre ses études. En 1922, il obtint simultanément un Bachelor of Divinity du Garrett Theological Seminary et une maîtrise de philosophie et de religion à Northwestern University. Ces deux diplômes reflétaient déjà la double polarité de sa pensée : attachement à une dimension spirituelle de l’existence humaine, mais refus de soumettre la raison à l’autorité dogmatique.

Un séjour d’un semestre à l’University of California à Berkeley en 1924, puis un passage à l’University of Munich en 1928 pour suivre des cours, élargirent son horizon intellectuel. Munich lui permit notamment de se familiariser avec les courants philosophiques allemands contemporains et d’affiner sa maîtrise de la langue de ses ancêtres.

Premiers postes et radicalisme

Les années 1920 et 1930 constituèrent une période turbulente. En 1922, Schilpp obtint son premier poste d’enseignant au College of Puget Sound dans l’État de Washington. Sa liberté de parole en matière religieuse, ses critiques des structures ecclésiastiques traditionnelles et ses positions théologiques non orthodoxes provoquèrent rapidement des remous. Après seulement une année, l’institution le renvoya pour ce qu’elle qualifia de « radicalisme religieux».

Loin de se décourager, il rejoignit en 1923 le College of the Pacific en Californie. Ses treize années dans cette institution furent ponctuées de tensions croissantes avec l’administration. Ses prises de position sur les questions politiques, économiques et sociales – défense des droits des travailleurs, critique du capitalisme sans régulation, plaidoyer pour la justice sociale – heurtèrent une direction conservatrice. En 1936, nouveau renvoi, cette fois pour « radicalisme politique, économique et social ».

Ces expériences formatrices consolidèrent sa conviction que la philosophie devait s’engager dans les débats de son temps plutôt que de se réfugier dans l’abstraction académique. Elles le confortèrent aussi dans sa détermination à défendre la liberté d’expression intellectuelle contre toute forme de censure institutionnelle.

Kant et l’établissement académique

L’année 1936 marqua un tournant décisif. Schilpp obtint son doctorat de philosophie à Stanford University avec une dissertation intitulée A Critical Analysis of Kant’s Ethical Thought of the Pre-Critical Period. Cette recherche minutieuse sur la genèse de la pensée morale kantienne avant la Critique de la raison pratique révélait un intérêt profond pour l’histoire des idées et pour la formation progressive des systèmes philosophiques.

Son travail démontrait que l’éthique occupait une place centrale dans les préoccupations du jeune Kant, bien avant les grandes œuvres critiques. Publié en 1938 chez Northwestern University Press, l’ouvrage fut salué pour sa rigueur philologique et sa capacité à éclairer des textes souvent négligés par la recherche anglophone. La thèse défendue par Schilpp – que la réflexion éthique kantienne s’enracinait dans un dialogue constant avec les moralistes britanniques et les philosophes allemands de son temps – ouvrit de nouvelles perspectives sur l’évolution intellectuelle du philosophe de Königsberg.

La même année, Northwestern University à Evanston, près de Chicago, l’engagea comme lecturer au département de philosophie. Malgré ses deux renvois précédents, l’institution lui offrit une chance de stabilité. Nommé professeur associé dès son arrivée, il devint professeur titulaire en 1950. Durant près de trente ans, jusqu’à sa retraite obligatoire en 1965 à soixante-huit ans, Schilpp enseigna la philosophie morale et l’histoire de la philosophie dans cette université.

La naissance d’un projet éditorial visionnaire

Dès la fin des années 1930, Schilpp développa l’idée qui allait définir son héritage intellectuel. Frappé par les interminables controverses d’interprétation entourant les grands philosophes après leur mort, il conçut un remède radical : pourquoi ne pas interroger directement les penseurs de leur vivant ?

S’inspirant d’une remarque du philosophe F.C.S. Schiller selon laquelle « la plus grande entrave à une discussion fructueuse en philosophie est l’étrange étiquette qui semble interdire de poser des questions sur le sens d’un philosophe tant qu’il est vivant », il imagina une collection où chaque volume serait consacré à un philosophe contemporain majeur. Le format comporterait quatre éléments : une autobiographie intellectuelle rédigée par le philosophe lui-même, des essais critiques et interprétatifs de spécialistes reconnus, une réponse détaillée du philosophe aux objections soulevées, et une bibliographie complète de ses œuvres.

Le projet prit forme concrètement en 1938 avec l’accord de John Dewey, figure dominante du pragmatisme américain. Obtenir le consentement d’un penseur de cette stature conféra immédiatement une légitimité au projet. Le premier volume, The Philosophy of John Dewey, parut en 1939 chez Northwestern University Press. Il comportait dix-sept essais critiques d’auteurs prestigieux et une longue réponse de Dewey à chaque contribution.

L’expansion de la Bibliothèque des Philosophes Vivants

Le succès du premier volume encouragea Schilpp à poursuivre. Les volumes suivants explorèrent des horizons philosophiques variés : George Santayana (1940), Alfred North Whitehead (1941), G.E. Moore (1942), Bertrand Russell (1944). Chaque publication exigeait un travail éditorial considérable. Schilpp devait solliciter des contributeurs de renommée internationale, coordonner leurs essais, les soumettre au philosophe concerné, puis éditer sa réponse.

Deux volumes de 1949 illustrèrent l’ouverture du projet au-delà de la philosophie stricto sensu. The Philosophy of Ernst Cassirer consacrait un volume à un penseur néo-kantien dont l’œuvre portait sur la philosophie des formes symboliques. Plus audacieux encore, Albert Einstein: Philosopher-Scientist reconnaissait la dimension philosophique de la réflexion du physicien sur l’espace, le temps et la causalité. Einstein rédigea pour ce volume une autobiographie intellectuelle devenue célèbre, accompagnée d’essais de physiciens et philosophes comme Niels Bohr, Kurt Gödel et Max Born.

Schilpp ne limita pas son entreprise à la tradition analytique anglo-américaine. Le volume sur Sarvepalli Radhakrishnan (1952), philosophe et homme d’État indien, celui sur Karl Jaspers (1957), représentant majeur de l’existentialisme allemand, ou encore celui sur Martin Buber (1967), penseur du dialogue et de la relation, témoignaient d’une volonté d’englober la diversité des traditions philosophiques du XXᵉ siècle.

Carrière académique et controverses

Parallèlement à son travail éditorial, Schilpp poursuivit son enseignement à Northwestern. Sa pédagogie, exigeante et socratique, marqua plusieurs générations d’étudiants. Parmi eux, le futur écrivain Terry Southern, auteur du scénario du film Dr. Strangelove, reconnut plus tard l’influence décisive de Schilpp dans sa formation intellectuelle et dans sa compréhension critique des structures de pouvoir.

Les années d’après-guerre apportèrent toutefois de nouvelles tensions. En 1945, peu après la mort de Franklin D. Roosevelt, Schilpp prononça un discours où il qualifia le président défunt de « Judas Iscariote » pour avoir conduit les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Pacifiste convaincu, opposant résolu à toute forme de militarisme, il considérait la participation américaine au conflit comme une trahison des idéaux démocratiques. Cette déclaration provoqua un tollé parmi les étudiants et l’administration. Nombreux furent ceux qui réclamèrent sa révocation.

L’université choisit de ne pas le renvoyer, mais les relations demeurèrent tendues. En 1947, Schilpp fut le seul membre du corps professoral à ne pas recevoir d’augmentation automatique de salaire, sanction administrative claire de ses positions controversées. Ces incidents illustraient sa conception intransigeante de la liberté intellectuelle : un philosophe devait pouvoir exprimer ses convictions même lorsqu’elles heurtaient l’opinion majoritaire.

Rayonnement international

La reconnaissance académique ne tarda pas. En 1948, l’University of Munich l’invita comme professeur visitant, faisant de lui le premier universitaire américain à enseigner dans une université allemande depuis la fin de la guerre. Ce retour symbolique dans son pays natal permit à Schilpp de nouer des contacts avec la philosophie allemande d’après-guerre et de contribuer à la reconstruction intellectuelle de l’Europe.

Entre 1950 et 1951, la Watumull Foundation lui octroya une bourse pour donner des conférences dans plus de quinze universités indiennes, cachemiries et ceylanaises. Ce périple d’un an lui permit de découvrir les traditions philosophiques asiatiques et de dialoguer avec des penseurs indiens contemporains. En 1956, il représenta le Département d’État américain au Congrès philosophique du Pakistan, témoignage de sa stature internationale croissante.

Son élection à la présidence de la division occidentale (devenue depuis division centrale) de l’American Philosophical Association pour l’année 1958-1959 couronna cette reconnaissance. Son discours présidentiel, intitulé « L’abdication de la philosophie », constitua un plaidoyer passionné contre le repli de la discipline sur des questions techniques déconnectées des enjeux éthiques et politiques. Schilpp y dénonçait la tendance de nombreux philosophes à abandonner leur responsabilité d’éclairer les débats publics, préférant la sécurité de l’analyse logique et linguistique aux risques de l’engagement.

Engagement politique et social

Au-delà de l’université, Schilpp milita activement pour ses convictions. Fervent défenseur du pacifisme et du désarmement nucléaire, il siégea au conseil d’administration de SANE, organisation anti-nucléaire majeure durant la Guerre froide. Membre du conseil national de l’American Civil Liberties Union (ACLU), il défendit inlassablement les libertés civiles face aux excès du maccarthysme et de la chasse aux sorcières anti-communiste.

Son engagement le plus constant porta sur la promotion d’un gouvernement mondial. Membre du conseil d’administration des United World Federalists, il argumentait que seule une instance supranationale dotée d’un pouvoir effectif pouvait prévenir les conflits armés à l’ère nucléaire. Cette position, jugée utopique par beaucoup, découlait directement de sa réflexion philosophique sur les conditions de la paix perpétuelle – thème kantien par excellence.

Bien que toujours officiellement ministre méthodiste, ses positions théologiques s’écartaient radicalement de l’orthodoxie. Auteur de Do We Need a New Religion? et de The Quest for Religious Realism, il plaidait pour une foi débarrassée du surnaturalisme traditionnel, fondée sur l’expérience morale et la solidarité humaine plutôt que sur la révélation et le dogme. Cette conception le rapprochait de l’humanisme religieux prôné par certains unitariens et pragmatistes.

La poursuite de l’œuvre

Lorsque Northwestern le contraignit à prendre sa retraite en 1965 en raison de son âge, Schilpp refusa de cesser d’enseigner. Southern Illinois University à Carbondale lui offrit un poste de Distinguished Visiting Professor of Philosophy, avec la condition qu’il puisse continuer à diriger des séminaires de premier cycle – une exigence inhabituelle qui témoignait de son attachement à la formation des jeunes esprits plutôt qu’à la seule direction de doctorants.

Il enseigna à Carbondale pendant quinze ans, jusqu’en 1980. L’université accepta également d’absorber une partie des coûts éditoriaux de la Library of Living Philosophers, assurant ainsi la pérennité du projet. Les volumes continuèrent de paraître régulièrement : Rudolf Carnap (1963), Karl Popper (deux volumes en 1974), Brand Blanshard (1980), Jean-Paul Sartre (1981). Dix-neuf volumes au total parurent sous la direction de Schilpp.

En 1979, l’université acquit tous les droits de la collection. En juillet 1981, après quarante-deux ans à la tête du projet, Schilpp céda l’édition à son collègue Lewis Edwin Hahn. La série continue d’exister aujourd’hui, ayant depuis lors couvert des philosophes aussi divers que W.V. Quine, Hans-Georg Gadamer, Jürgen Habermas ou plus récemment Julia Kristeva.

Distinctions et synthèses tardives

Les dernières décennies de sa vie apportèrent reconnaissance et honneurs. En 1974, il reçut la médaille d’or de Phi Beta Kappa du Grand Chicago pour services distingués. En 1980, la Bertrand Russell Society lui décerna son tout premier prix, célébrant ainsi sa contribution à la clarification philosophique et au dialogue rationnel – valeurs chères à Russell lui-même.

Entre 1978 et 1979, Schilpp co-présida le Festival de commémoration du centenaire d’Albert Einstein, projet soutenu par le National Endowment for the Humanities. L’événement rassembla trois lauréats du prix Nobel et de nombreux savants internationaux. Il permit de réexaminer l’héritage philosophique d’Einstein, thème central du volume de 1949.

Durant plus de trente ans, Schilpp servit également comme consultant en philosophie pour l’Encyclopædia Britannica, contribuant à la rédaction et à la révision d’articles sur l’histoire de la philosophie. Cette fonction illustrait sa capacité à rendre accessible au grand public éduqué des questions philosophiques complexes.

Dans ses dernières années, il entreprit la rédaction de mémoires autobiographiques fragmentaires, publiés de manière posthume sous le titre Reminiscing. Conscient de ne pas avoir tenu de journal systématique durant sa vie active, il tenta d’y reconstruire les moments décisifs de son parcours intellectuel et les rencontres qui l’avaient marqué.

Une vie de dialogue et d’engagement

Paul Arthur Schilpp s’éteignit le 6 septembre 1993 à Carbondale, à l’âge de quatre-vingt-seize ans, d’une insuffisance respiratoire. Il laissait derrière lui une veuve, Madelon Golden Schilpp, qu’il avait épousée en 1950 après un premier mariage avec Louise Gruenholz, et six enfants : quatre du premier mariage (Erna, Marjorie, Robert et Walter) et deux adoptés durant le second (Erich et Margot Marlene).

Sa vie incarna une forme particulière d’engagement philosophique. Refusant la séparation entre pensée et action, il défendit toujours que le philosophe portait une responsabilité dans les débats moraux et politiques de son temps. Sa conception de la clarification conceptuelle ne visait pas l’érudition pure mais la dissolution des malentendus qui empoisonnent le dialogue humain.

La Library of Living Philosophers constitue son legs le plus durable. En créant un espace où les grands penseurs pouvaient expliciter directement leurs intentions et répondre à leurs critiques, il modifia structurellement la manière dont la communauté philosophique aborde l’interprétation des œuvres contemporaines. Certes, les réponses des philosophes n’ont pas mis fin aux controverses – comme Schilpp le reconnut lui-même avec lucidité –, mais elles ont enrichi de manière irremplaçable notre compréhension de la philosophie du XXᵉ siècle.

Héritage et pertinence contemporaine

L’actualité de sa démarche demeure intacte. À une époque où la spécialisation académique croissante menace la cohérence du projet philosophique, où la philosophie analytique et la philosophie continentale dialoguent encore difficilement, où les philosophes hésitent souvent à prendre position sur les questions éthiques urgentes, l’exemple de Schilpp résonne avec force.

Sa conviction que la philosophie devait sortir de la tour d’ivoire pour éclairer les choix collectifs, son refus des dogmatismes religieux et idéologiques, son engagement pour la paix et les libertés civiles, sa volonté de faire dialoguer des traditions intellectuelles diverses – tous ces aspects de son œuvre conservent une pertinence directe.

Plus profondément, son intuition fondatrice – que le dialogue rationnel entre penseurs de bonne foi peut faire progresser la compréhension mutuelle – témoigne d’une foi dans la raison humaine aujourd’hui souvent mise à l’épreuve. Dans un monde fracturé par les incompréhensions idéologiques et l’incapacité à débattre sereinement, l’héritage de Paul Arthur Schilpp rappelle qu’une autre voie reste possible : celle du dialogue patient, rigoureux et respectueux, visant non la victoire rhétorique mais la vérité partagée.

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