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Structure
  1. En raccourci
  2. L’esclavage à Corinthe
    1. Un banquier et son serviteur
    2. La rencontre indirecte avec Diogène
  3. La stratégie de la folie simulée
    1. Un plan audacieux
    2. L’obtention de la liberté
  4. L’apprentissage cynique
    1. Auprès de Diogène
    2. La fréquentation de Cratès
  5. La philosophie du théâtre et de la fumée
    1. Le rejet du critère de vérité
    2. La métaphore théâtrale
  6. Les maximes et les écrits
    1. La richesse comme vomissement
    2. L’aveuglement et l’ignorance
    3. Les œuvres perdues
  7. La célébrité et la postérité
    1. La mention par Ménandre
    2. Le portrait selon Diogène Laërce
  8. L’héritage dans le cynisme
    1. Une figure du renoncement radical
    2. L’influence sur le stoïcisme
  9. Portée de sa pensée
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Image fictive et imaginaire de Monime de Syracuse, philosophe cynique, ne représentant pas le personnage historique réel
  • Biographies
  • Cynisme

Monime de Syracuse (IVᵉ-IIIᵉ siècle av. J.-C.) : l’esclave qui choisit la philosophie

  • 17/11/2025
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INFOS-CLÉS

Nom d’origineMonimos (Μόνιμος)
OrigineSyracuse (Sicile, Magna Graecia)
Importance★★
CourantsCynisme
ThèmesLiberté, rejet du critère de vérité, vanité des choses, illusion

Monime de Syracuse, également appelé Monimos, appartient à ces figures singulières du cynisme antique qui firent du choix philosophique un acte de rupture radicale. Esclave d’un banquier de Corinthe, il simula la folie pour obtenir sa liberté et rejoindre Diogène de Sinope, avant de fréquenter Cratès de Thèbes.

En raccourci

Monime naît à Syracuse au cours du IVᵉ siècle avant notre ère. Réduit en esclavage, il sert un banquier de Corinthe. Par l’intermédiaire de Xéniade, maître de Diogène de Sinope, il entend parler du célèbre philosophe cynique et de son mode de vie provocateur.

Fasciné par cet enseignement, Monime entreprend de se faire passer pour fou. Il jette la monnaie et l’argent de la banque dans tous les sens, multipliant les comportements erratiques jusqu’à ce que son maître, excédé, le congédie. Libéré, il rejoint aussitôt Diogène puis Cratès de Thèbes.

Sa philosophie se concentre sur le rejet de tout critère de vérité. Pour lui, les perceptions humaines ne sont que fumée, les êtres ne sont que des décors de théâtre. Cette radicalité sceptique, alliée à la gravité de son caractère, lui vaut une réputation considérable. Le poète comique Ménandre le mentionne dans une de ses pièces.

Monime compose deux ouvrages aujourd’hui perdus. Son influence s’inscrit dans la lignée des cyniques qui firent de la pauvreté volontaire et du renoncement aux conventions sociales le chemin vers la sagesse.

L’esclavage à Corinthe

Un banquier et son serviteur

Au IVᵉ siècle avant notre ère, Corinthe demeure l’une des cités les plus prospères de Grèce. Centre commercial majeur, elle abrite une importante activité bancaire. C’est dans ce contexte que Monime, originaire de Syracuse en Sicile, sert comme esclave auprès d’un banquier. Les sources anciennes, notamment Diogène Laërce qui s’appuie sur Sosicrate, situent ce personnage au cœur des échanges financiers de la cité.

L’esclavage antique revêt alors des formes variées. Certains esclaves, affectés à des tâches domestiques ou bancaires, bénéficient d’une relative proximité avec leur maître et participent aux conversations de la maison. C’est précisément cette position qui ouvre à Monime l’accès à un univers intellectuel jusque-là inaccessible.

La rencontre indirecte avec Diogène

Xéniade, qui a acquis Diogène de Sinope comme esclave après sa capture par des pirates, fréquente régulièrement le banquier employant Monime. Les sources rapportent que Xéniade, loin de traiter Diogène comme un simple serviteur, lui confie l’éducation de ses fils. Cette situation paradoxale où l’esclave devient maître intrigue profondément Monime.

Lors de ses visites, Xéniade évoque la vertu de Diogène, ses actes provocateurs, ses paroles cinglantes qui dénoncent l’hypocrisie sociale. Il raconte comment ce philosophe vit dans un tonneau, se nourrit du strict minimum, rejette toute convention. Ces récits transforment progressivement la vision que Monime a de l’existence. La figure de Diogène devient pour lui l’incarnation d’une liberté authentique, plus profonde que l’affranchissement juridique.

La stratégie de la folie simulée

Un plan audacieux

Face à l’impossibilité d’obtenir sa liberté par les voies conventionnelles, Monime conçoit un stratagème audacieux. Il décide de simuler la folie, sachant qu’un esclave devenu fou perd sa valeur marchande et devient un fardeau pour son propriétaire.

Sa méthode frappe par son efficacité symbolique. Dans la banque même, lieu de l’accumulation et du calcul rationnel, Monime se met à jeter la monnaie et l’argent dans tous les sens. Il multiplie les comportements incohérents, au point que son maître finit par le considérer comme irrécupérable.

Cette stratégie révèle une intelligence tactique remarquable. En feignant la déraison au sein d’un espace dédié à la raison économique, Monime démontre déjà une forme de subversion cynique. Il retourne contre le système marchand ses propres instruments.

L’obtention de la liberté

Le stratagème aboutit. Le banquier, excédé par les comportements de son esclave, le congédie. Monime obtient ainsi sa liberté sans attendre un hypothétique affranchissement que son maître n’aurait probablement jamais accordé.

Dès sa libération, il se rend auprès de Diogène de Sinope. Cette promptitude atteste que son projet était mûrement réfléchi. La folie simulée ne constituait pas une révolte désespérée mais un moyen calculé pour accéder à la vie philosophique.

Lorsque son ancien maître constate que Monime fréquente désormais les cyniques, il se persuade que la folie de son ancien esclave était bien réelle. Cette méprise finale ajoute une dimension ironique à l’épisode.

L’apprentissage cynique

Auprès de Diogène

Monime rejoint Diogène de Sinope à une période où celui-ci jouit déjà d’une réputation considérable. Le maître du cynisme enseigne par l’exemple autant que par les mots. Il prône le retour à la nature, le rejet des conventions sociales, la pratique de l’ascèse.

Pour Diogène, toute expansion artificielle de la société est incompatible avec le bonheur. Il incombe au philosophe de rééduquer les hommes corrompus par les artifices de la civilisation, esclaves de leurs passions. Cette vision radicale séduit Monime, qui y trouve l’écho de sa propre expérience.

L’enseignement cynique ne se limite pas à des discours théoriques. Il implique un mode de vie déterminé, caractérisé par le dénuement volontaire, le manteau grossier, la besace, le bâton. Monime adopte ces attributs qui deviennent les signes extérieurs de son appartenance à l’école cynique.

La fréquentation de Cratès

Monime fréquente également Cratès de Thèbes, autre figure majeure du cynisme. Cratès, issu d’une famille aisée, a renoncé à sa fortune pour embrasser la vie philosophique. Il incarne une version peut-être moins provocatrice que Diogène, mais tout aussi radicale dans ses principes.

Cratès enseigne la maîtrise de soi et prône une ascèse joyeuse. Plutarque le décrit passant sa vie à plaisanter et rire. Cette dimension ludique du cynisme, qui mêle sérieux et légèreté, influence probablement la pensée de Monime.

Les sources attestent que Monime compose des ouvrages où se mêlent plaisanteries et thèmes sérieux, selon la tradition cynique du spoudogeloion. Cette alternance entre gravité et dérision constitue une caractéristique essentielle de l’école.

La philosophie du théâtre et de la fumée

Le rejet du critère de vérité

Monime développe une position philosophique radicale. Selon Diogène Laërce et Sextus Empiricus, il rejette tout critère de vérité. Il n’existe pour lui aucun standard de jugement permettant d’atteindre une connaissance fiable.

Cette position le rapproche du scepticisme, tout en s’inscrivant dans le cadre cynique. Là où le sceptique suspend son jugement, Monime affirme la vanité fondamentale de toute prétention cognitive. Les perceptions humaines ne révèlent rien de la réalité profonde des choses.

Sa formule célèbre résume cette vision : « Tout n’est que fumée. » Cette expression, rapportée par plusieurs sources anciennes, devient son emblème philosophique. La fumée évoque l’inconsistance, le caractère évanescent, l’impossibilité de saisir quoi que ce soit de stable.

La métaphore théâtrale

Monime compare les êtres à des décors de théâtre. Cette image puissante suggère que l’existence humaine relève de l’apparence, du jeu, de la représentation. Derrière les masques sociaux, derrière les rôles que chacun joue, il n’y a peut-être rien de substantiel.

Cette métaphore théâtrale anticipe certains développements ultérieurs de la philosophie antique. Elle interroge le statut de la réalité et la possibilité d’accéder à une vérité objective. Pour Monime, les conventions sociales, les hiérarchies, les richesses ne sont que des décors postiches.

Sa vision s’inscrit dans la critique cynique de la société. Mais elle va plus loin en remettant en cause la possibilité même de fonder solidement un discours sur le réel.

Les maximes et les écrits

La richesse comme vomissement

Stobée conserve une sentence frappante attribuée à Monime : « La richesse est le vomissement de la fortune. » Cette formule provocante exprime le dégoût cynique pour l’accumulation matérielle.

L’image du vomissement suggère quelque chose de rejeté, de non assimilé, de fondamentalement impur. La fortune, divinité capricieuse dans la pensée antique, distribue ses faveurs au hasard. Ceux qui les reçoivent ne font que récupérer ce que d’autres ont perdu. La richesse ne constitue pas une conquête légitime mais un accident transitoire.

Cette critique de la richesse s’enracine dans l’expérience même de Monime. Ancien esclave d’un banquier, il a observé de près les mécanismes de l’enrichissement et les illusions qu’il génère.

L’aveuglement et l’ignorance

Diogène Laërce rapporte une autre maxime de Monime sur la valeur de la connaissance. Selon lui, il vaut mieux être aveugle qu’ignorant. L’aveugle peut tomber dans une fosse, mais l’ignorant se précipite dans le gouffre du mal.

Cette distinction établit une hiérarchie entre handicap physique et déficience intellectuelle. L’aveuglement corporel limite les mouvements mais préserve le jugement. L’ignorance, en revanche, conduit à des erreurs morales catastrophiques. Elle fait prendre l’apparence pour la réalité, le vice pour la vertu.

Cette passion pour la vérité, attestée par Diogène Laërce, semble paradoxale chez un philosophe qui rejette tout critère de vérité. Pourtant, la cohérence existe : Monime valorise la lucidité sur l’impossibilité de connaître plutôt que l’illusion de posséder une connaissance fiable.

Les œuvres perdues

Diogène Laërce attribue à Monime deux ouvrages : Les Instincts (ou Sur les impulsions) et une Exhortation à la philosophie. Ces textes ne nous sont pas parvenus, mais leurs titres suggèrent leur orientation.

Le premier traité devait examiner les forces qui poussent l’homme à agir. Dans la perspective cynique, les instincts naturels méritent d’être distingués des désirs artificiels créés par la société. Le second ouvrage, de nature protréptique (exhortation), invitait probablement le lecteur à embrasser le mode de vie philosophique.

Diogène Laërce mentionne également que Monime compose des plaisanteries mêlées à des thèmes sérieux, selon la tradition du spoudogeloion cynique. Cette dimension ludique, caractéristique de l’école, permet de toucher un public plus large tout en délivrant un enseignement exigeant.

La célébrité et la postérité

La mention par Ménandre

La renommée de Monime devient suffisamment grande pour que le poète comique Ménandre le mentionne dans une de ses pièces intitulée L’Hippocome (ou L’Écuyer). Ce témoignage atteste que Monime s’impose comme une figure publique reconnaissable.

Dans le passage conservé, un personnage évoque Monime comme un homme sage mais obscur, portant une besace. Un autre personnage fait allusion à trois besaces plutôt qu’une seule. Cette mention des trois besaces a suscité diverses interprétations.

Certains commentateurs y voient une hyperbole comique suggérant que Monime était trois fois plus cynique que les autres. D’autres y lisent une satire insinuant qu’il était plus attaché à l’argent qu’il ne sied à un philosophe cynique. La nature de la comédie rend difficile une interprétation univoque.

Le portrait selon Diogène Laërce

Diogène Laërce, principale source sur Monime, souligne deux traits de caractère déterminants : la gravité de son esprit et son mépris de l’opinion. Ces qualités définissent le philosophe cynique authentique.

La gravité n’exclut pas l’humour, comme en témoignent ses écrits mêlant plaisanterie et sérieux. Elle désigne plutôt une constance dans l’engagement philosophique, une cohérence entre les principes et la vie.

Le mépris de l’opinion (doxa) constitue un pilier du cynisme. Monime ne cherche pas l’approbation sociale ni la reconnaissance de ses contemporains. Il suit la voie dictée par sa raison, indifférent aux jugements extérieurs.

L’héritage dans le cynisme

Une figure du renoncement radical

Monime s’inscrit dans la lignée de ces cyniques qui font du renoncement matériel la condition de la liberté spirituelle. Son parcours, depuis l’esclavage jusqu’à la philosophie en passant par la folie simulée, illustre la rupture radicale nécessaire pour accéder à la sagesse.

Sa position sur le critère de vérité le distingue au sein même du cynisme. Là où Diogène critique les conventions sociales mais maintient la possibilité d’une connaissance naturelle, Monime pousse plus loin le questionnement épistémologique.

Cette radicalité annonce certains développements du scepticisme hellénistique. Elle atteste que le cynisme ne se réduit pas à une simple critique morale mais engage également des questions théoriques fondamentales.

L’influence sur le stoïcisme

Par l’intermédiaire de Cratès de Thèbes, le cynisme influence directement le stoïcisme naissant. Zénon de Kition, fondateur du Portique, fut l’élève de Cratès avant de développer son propre système.

Bien que Monime ne soit pas directement lié à cette transmission, sa pensée participe de l’atmosphère intellectuelle qui voit émerger les grandes écoles hellénistiques. Le rejet du critère de vérité, le questionnement sur l’apparence et la réalité, la critique de la richesse constituent autant de thèmes qui traversent ces courants.

Le stoïcisme récupère l’exigence éthique du cynisme tout en atténuant sa dimension provocatrice. Il maintient la possibilité d’une connaissance vraie, fondée sur la raison universelle. Cette divergence marque la distance entre les deux écoles.

Portée de sa pensée

Monime incarne une forme extrême de la liberté philosophique. Son parcours démontre que la pensée peut surgir des conditions les plus défavorables. Esclave, il se libère par la ruse. Libre, il choisit le dénuement volontaire.

Sa philosophie interroge le statut de nos certitudes. En affirmant que tout n’est que fumée, il invite à regarder autrement les hiérarchies sociales, les richesses matérielles, les savoirs établis. Son scepticisme radical ouvre un espace de questionnement que la philosophie antique continue d’explorer.

Figure mineure du cynisme face à Diogène ou Cratès, Monime n’en demeure pas moins un témoin précieux de la diversité de cette école. Il atteste que le cynisme ne constitue pas une doctrine uniforme mais un ensemble de pratiques et de positions philosophiques reliées par un refus commun des conventions sociales et une exigence de cohérence entre la pensée et la vie.

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