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Structure
  1. En raccourci
  2. Des Pays-Bas au Michigan : une formation transatlantique
    1. Les racines néerlandaises
    2. Calvin College et les maîtres de la philosophie chrétienne
  3. Los Angeles et la rencontre avec Kant
    1. Le doctorat à UCLA
    2. Une thèse sur la représentation mentale chez Kant
  4. L’élaboration d’une position philosophique originale
    1. Dans le Vermont
    2. La genèse de l’incompatibilisme dur
    3. L’argument de manipulation à quatre cas
    4. Vivre sans libre arbitre : une perspective optimiste
  5. Cornell et la maturité philosophique
    1. La chaire Susan Linn Sage
  6. La philosophie de l’esprit : conscience et physicalism
    1. Un physicalism non-réductif robuste
  7. L’approfondissement de la pensée : 2014-2021
  8. Une influence croissante
    1. Le renouveau du scepticisme sur le libre arbitre
    2. Un philosophe engagé dans la cité académique
  9. Portrait d’une pensée
    1. L’unité d’un programme philosophique
    2. L’héritage de Spinoza
  10. Une philosophie pour aujourd’hui
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Image fictive de Derk Pereboom, représentation imaginaire ne correspondant pas au philosophe réel
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Derk Pereboom (1957–) : l’incompatibilisme dur et la vie sans libre arbitre

  • 24/11/2025
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OriginePays-Bas, États-Unis
Importance★★★
Courantsphilosophie analytique, philosophie de l'action, philosophie de l'esprit
Thèmesincompatibilisme dur, responsabilité morale, libre arbitre, physicalism non-réductif, argument de manipulation

Philosophe américain d’origine néerlandaise, Derk Pereboom s’est imposé comme l’un des défenseurs les plus rigoureux d’une position radicale dans le débat sur le libre arbitre. Son « incompatibilisme dur » soutient que nous ne possédons pas la liberté métaphysique requise pour la responsabilité morale au sens profond du terme, que l’univers soit déterministe ou non. Loin d’y voir une catastrophe existentielle, Pereboom propose que cette perspective pourrait améliorer nos relations humaines.

En raccourci

Derk Pereboom, né aux Pays-Bas en 1957 et professeur à l’Université Cornell, est un spécialiste de la question du libre arbitre et de ses implications pour notre vie morale.

Sa position, qu’il nomme « incompatibilisme dur », avance une thèse à contre-courant : nous n’avons pas le type de contrôle sur nos actions qui justifierait qu’on nous blâme ou qu’on nous récompense au sens profond. Cette affirmation vaut selon lui que nos actions soient déterminées par des causes antérieures ou qu’elles comportent une part d’indétermination.

Pereboom ne considère pas cette conclusion comme désespérante. S’inspirant de Spinoza, il soutient qu’accepter notre absence de libre arbitre pourrait nous rendre plus compassionnels, moins enclins à la colère et au ressentiment. Les pratiques de blâme et de louange qui visent à améliorer le caractère ou à réparer les relations resteraient légitimes ; seule disparaîtrait l’idée que certains « méritent » de souffrir.

Parallèlement à ses travaux sur le libre arbitre, Pereboom a développé une défense originale du physicalism en philosophie de l’esprit, proposant des réponses inédites au « problème difficile » de la conscience. Son œuvre, qui s’étend aussi à l’histoire de la philosophie moderne et à Kant, constitue une contribution majeure à la philosophie analytique contemporaine.

Des Pays-Bas au Michigan : une formation transatlantique

Les racines néerlandaises

Derk Pereboom naît le 6 février 1957 dans le village de Pesse, près de Hoogeveen, au nord-est des Pays-Bas. Cette région rurale de la province de Drenthe, traditionnellement protestante, marque ses origines culturelles. Les circonstances qui conduisent la famille Pereboom aux États-Unis ne sont pas documentées en détail, mais le jeune Derk poursuit ses études supérieures outre-Atlantique, dans un établissement lié à la tradition réformée néerlandaise.

Calvin College et les maîtres de la philosophie chrétienne

En 1978, Pereboom obtient son Bachelor of Arts en philosophie au Calvin College de Grand Rapids, dans le Michigan. Cette institution, affiliée à l’Église chrétienne réformée d’Amérique du Nord, constitue alors un foyer intellectuel de premier plan pour la philosophie analytique d’inspiration chrétienne. Deux figures exceptionnelles y enseignent : Alvin Plantinga et Nicholas Wolterstorff. Plantinga, philosophe de la religion et épistémologue de renommée mondiale, travaille alors à sa défense de la rationalité de la croyance religieuse. Wolterstorff développe une réflexion sur l’esthétique, la justice et l’épistémologie réformée.

Cette formation initiale expose le jeune Pereboom à des questions qui traverseront toute son œuvre : les rapports entre foi et raison, la nature de l’action humaine, les fondements de la responsabilité morale. Si ses positions ultérieures sur le libre arbitre s’écarteront de l’orthodoxie théiste, la rigueur argumentative et l’attention aux questions métaphysiques fondamentales héritées de ces maîtres resteront des constantes de sa pratique philosophique.

Los Angeles et la rencontre avec Kant

Le doctorat à UCLA

Après Calvin College, Pereboom rejoint l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) pour ses études doctorales. Le département de philosophie de UCLA compte alors parmi les plus prestigieux des États-Unis, particulièrement en métaphysique et en philosophie de l’esprit. Pereboom y trouve deux directeurs de thèse aux profils complémentaires : Robert Merrihew Adams, philosophe de la religion et spécialiste de Leibniz, et Tyler Burge, figure majeure de la philosophie de l’esprit et du langage.

Une thèse sur la représentation mentale chez Kant

En 1985, Pereboom soutient une thèse consacrée à la théorie kantienne de la représentation mentale. Ce travail, situé à l’intersection de l’histoire de la philosophie et de la philosophie de l’esprit, examine comment Kant conçoit les mécanismes par lesquels l’esprit se rapporte au monde. L’attention portée à Kant ne quittera jamais Pereboom : il publiera régulièrement sur l’idéalisme transcendantal, la liberté transcendantale et les arguments transcendantaux. En 2009, il rédige l’entrée « Kant’s Transcendental Arguments » pour la Stanford Encyclopedia of Philosophy.

Cette double formation — philosophie de la religion d’un côté, philosophie de l’esprit et histoire de la philosophie moderne de l’autre — confère à Pereboom un profil intellectuel distinctif. Ses travaux ultérieurs sur le libre arbitre s’inscriront dans une réflexion plus large sur la nature de l’agentivité, la causalité mentale et les limites de la connaissance humaine.

L’élaboration d’une position philosophique originale

Dans le Vermont

Au sortir de son doctorat, Pereboom rejoint le département de philosophie de l’Université du Vermont, à Burlington. Cette institution publique du nord-est des États-Unis lui offre un cadre propice au développement de sa pensée. Assistant professor de 1985 à 1991, il obtient la titularisation comme associate professor en 1991, puis accède au rang de full professor en 1997. Ces deux décennies dans le Vermont correspondent à la maturation de ses thèses sur le libre arbitre.

La genèse de l’incompatibilisme dur

Durant les années 1990, Pereboom élabore progressivement la position qu’il baptisera « incompatibilisme dur » (hard incompatibilism). Cette désignation marque une distance par rapport aux catégories traditionnelles du débat. Le « déterminisme dur » classique affirme que le déterminisme est vrai et qu’il exclut le libre arbitre. Le « libertarianisme » soutient que nous sommes libres parce que nos actions comportent une indétermination causale. Le « compatibilisme » maintient que liberté et déterminisme peuvent coexister.

L’incompatibilisme dur de Pereboom refuse de trancher sur la vérité du déterminisme. Sa thèse est plus radicale : que le déterminisme soit vrai ou faux, nous ne possédons pas le type de contrôle sur nos actions qui fonderait une responsabilité morale au sens du mérite et du démérite. Si nos actions sont causalement déterminées par des facteurs antérieurs, nous n’en sommes pas les sources ultimes. Mais si elles comportent une part d’indétermination, cette indétermination ne nous confère pas davantage de contrôle — elle introduit seulement du hasard dans la chaîne causale.

## Living Without Free Will : le manifeste de 2001

L’argument de manipulation à quatre cas

En 2001, Cambridge University Press publie Living Without Free Will, ouvrage qui établit la réputation de Pereboom dans le champ de la philosophie de l’action. Le livre développe un argument original contre le compatibilisme, connu sous le nom d’« argument de manipulation à quatre cas » (Four-Case Manipulation Argument).

Pereboom construit une série de scénarios impliquant un personnage nommé Plum qui commet un meurtre. Dans le premier cas, des neuroscientifiques ont programmé Plum pour qu’il tue sa victime ; dans le deuxième, Plum a été conditionné dès l’enfance par des manipulateurs ; dans le troisième, son environnement social l’a façonné de manière déterministe ; dans le quatrième, Plum vit simplement dans un univers déterministe ordinaire. À chaque étape, Plum satisfait les conditions que les compatibilistes jugent suffisantes pour la responsabilité morale : il agit conformément à ses désirs, ses processus délibératifs fonctionnent normalement, il répond aux raisons.

L’idée centrale est la suivante : si Plum n’est pas moralement responsable dans le premier cas (manipulation directe par des neuroscientifiques), pourquoi le serait-il dans le quatrième, qui ne diffère du premier que par le type de causes déterminantes ? La différence entre manipulation externe et détermination causale ordinaire ne semble pas moralement pertinente. Le compatibiliste doit donc soit accepter que Plum est responsable dans tous les cas, soit concéder que la détermination causale exclut la responsabilité.

Vivre sans libre arbitre : une perspective optimiste

La seconde partie de l’ouvrage explore les conséquences pratiques de l’abandon de la croyance au libre arbitre. Contrairement à ce que beaucoup redoutent, Pereboom soutient que cette perspective ne détruirait ni la moralité, ni le sens de la vie, ni les relations interpersonnelles. Les pratiques de blâme et de louange qui visent l’amélioration du caractère, la prévention des torts futurs ou la réconciliation entre personnes demeureraient légitimes. Seule disparaîtrait la composante « rétributive » : l’idée qu’un agent mérite de souffrir pour ses mauvaises actions, indépendamment de toute considération d’utilité.

L’inspiration spinoziste est explicite. Dans l’Éthique, Spinoza argue que la compréhension adéquate de la causalité universelle nous libère des passions destructrices — ressentiment, indignation, remords excessif. Pereboom reprend cette intuition : accepter que nos actions résultent de facteurs échappant à notre contrôle ultime pourrait nous rendre plus compassionnels, moins prompts à la colère, plus disposés au pardon.

Cornell et la maturité philosophique

La chaire Susan Linn Sage

En 2007, Pereboom quitte le Vermont pour rejoindre la Sage School of Philosophy de l’Université Cornell, à Ithaca (New York). Il y occupe la prestigieuse chaire Susan Linn Sage Professor in Philosophy and Ethics. Cornell, membre de l’Ivy League, abrite l’un des départements de philosophie les plus réputés des États-Unis, avec une tradition forte en métaphysique et en philosophie de l’action. Cette nomination consacre la place de Pereboom parmi les figures majeures de la philosophie analytique contemporaine.

### Four Views on Free Will : le débat incarné

La même année, Blackwell publie Four Views on Free Will, ouvrage collectif réunissant Pereboom, John Martin Fischer, Robert Kane et Manuel Vargas. Chaque auteur y défend l’une des quatre positions principales du débat : libertarianisme (Kane), compatibilisme (Fischer), incompatibilisme dur (Pereboom) et révisionnisme (Vargas). La seconde moitié du livre permet aux auteurs de répondre directement aux arguments de leurs adversaires. Ce format dialogique offre un panorama vivant des controverses contemporaines et devient rapidement un classique de l’enseignement universitaire.

La philosophie de l’esprit : conscience et physicalism

### Consciousness and the Prospects of Physicalism (2011)

Parallèlement à ses travaux sur le libre arbitre, Pereboom développe une réflexion approfondie en philosophie de l’esprit. En 2011, Oxford University Press publie Consciousness and the Prospects of Physicalism, où il propose des réponses originales aux arguments anti-physicalistes classiques : l’argument de la connaissance de Frank Jackson et l’argument de la concevabilité de David Chalmers.

Ces arguments visent à établir que les propriétés phénoménales de la conscience — ce que cela fait d’éprouver une douleur, de voir du rouge — ne peuvent être réduites à des propriétés physiques. Pereboom développe deux stratégies de réponse. La première exploite la possibilité que l’introspection représente mal les propriétés phénoménales : nous attribuerions à nos expériences des natures qualitatives qu’elles ne possèdent pas réellement. Cette « hypothèse de l’inexactitude qualitative » (qualitative inaccuracy hypothesis) s’apparente à une forme d’illusionnisme sur la conscience, position défendue ailleurs par Daniel Dennett.

La seconde réponse s’appuie sur le « monisme russellien », inspiré de Bertrand Russell. Selon cette conception, la physique ne nous informe que sur les propriétés dispositionnelles ou relationnelles de la matière, non sur ses propriétés intrinsèques catégorielles. Ces propriétés intrinsèques, actuellement inconnues, pourraient fournir à la fois les bases catégorielles des propriétés physiques connues et une explication de la conscience.

Un physicalism non-réductif robuste

La troisième partie du livre défend une version originale du physicalism non-réductif. Contrairement au fonctionnalisme standard, Pereboom refuse d’identifier les propriétés mentales à des rôles fonctionnels abstraits. Il propose plutôt de les concevoir comme des propriétés compositionnelles : des propriétés que les choses possèdent en vertu de la nature de leurs parties et des relations entre elles. La relation entre le mental et le microphysique est la constitution matérielle, distincte de l’identité stricte. Cette position permet, selon Pereboom, de préserver une causalité mentale authentique tout en évitant les écueils du réductionnisme.

L’approfondissement de la pensée : 2014-2021

### Free Will, Agency, and Meaning in Life (2014)

Oxford University Press publie en 2014 Free Will, Agency, and Meaning in Life, ouvrage qui approfondit et élargit les thèses de Living Without Free Will. Pereboom y examine plus systématiquement les implications de l’incompatibilisme dur pour le sens de la vie, l’agentivité et les relations interpersonnelles. Il répond également aux nombreuses critiques suscitées par son argument de manipulation, affinant sa défense face aux objections compatibilistes.

Le livre explore la distinction entre différentes formes de responsabilité : la responsabilité aretaïque (liée aux évaluations d’excellence morale), la responsabilité answerability (le fait de devoir rendre des comptes) et la responsabilité au sens du mérite de base (basic desert). Pereboom soutient que seule cette dernière est menacée par l’incompatibilisme dur ; les deux premières demeurent intactes.

### Free Will: A Contemporary Introduction (2016)

Avec Michael McKenna, Pereboom publie en 2016 une introduction complète au problème du libre arbitre destinée aux étudiants et au grand public cultivé. L’ouvrage, paru chez Routledge, présente les différentes positions (compatibilisme, libertarianisme, incompatibilisme dur, révisionnisme) avec équité, tout en guidant le lecteur à travers la complexité des arguments.

### Wrongdoing and the Moral Emotions (2021)

Le dernier ouvrage majeur de Pereboom, Wrongdoing and the Moral Emotions, paraît en 2021 chez Oxford University Press. Il y examine les émotions morales — indignation, culpabilité, ressentiment, gratitude — à la lumière de l’incompatibilisme dur. Comment ces émotions peuvent-elles conserver leur légitimité si nous abandonnons la croyance au libre arbitre ? Pereboom propose une reconceptualisation qui préserve les fonctions interpersonnelles et morales de ces attitudes tout en les dépouillant de leur dimension rétributive.

Une influence croissante

Le renouveau du scepticisme sur le libre arbitre

L’œuvre de Pereboom s’inscrit dans un mouvement plus large de « scepticisme sur le libre arbitre » qui a gagné en visibilité au cours des deux dernières décennies. Aux côtés de Gregg Caruso, Neil Levy, Bruce Waller et d’autres, il contribue à rendre philosophiquement respectable une position longtemps marginalisée. Ce courant trouve des échos dans les neurosciences, la psychologie sociale et le droit pénal, où la question de la responsabilité individuelle fait l’objet de réévaluations profondes.

Un philosophe engagé dans la cité académique

Depuis 2018, Pereboom occupe le poste de co-éditeur thématique pour les questions de philosophie de l’action dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, la principale ressource encyclopédique de la discipline en dehors de Philosophes.org. Cette fonction témoigne de sa reconnaissance par la communauté philosophique internationale. Ses articles pour l’encyclopédie — sur les arguments transcendantaux kantiens, sur la théologie naturelle (avec Andrew Chignell) — manifestent l’étendue de ses compétences.

Portrait d’une pensée

L’unité d’un programme philosophique

Malgré la diversité de ses domaines de recherche — libre arbitre, philosophie de l’esprit, histoire de la philosophie moderne, philosophie de la religion — l’œuvre de Pereboom présente une cohérence profonde. Ses réflexions sur la conscience, la causalité mentale et la représentation mentale chez Kant nourrissent sa compréhension de l’agentivité humaine. Sa formation auprès de philosophes de la religion l’a sensibilisé aux enjeux existentiels et moraux des questions métaphysiques. Le fil conducteur pourrait se formuler ainsi : que peut signifier être un agent dans un monde naturel ?

L’héritage de Spinoza

L’influence de Spinoza traverse toute l’œuvre de Pereboom. Le philosophe néerlandais du XVIIᵉ siècle soutenait que la liberté véritable réside non dans une impossible spontanéité de la volonté, mais dans la compréhension adéquate des causes qui nous déterminent. Cette compréhension nous libère des passions tristes et nous dispose à l’amour intellectuel de Dieu ou de la Nature. Pereboom transpose cette intuition dans le contexte contemporain : accepter notre absence de libre arbitre métaphysique ne nous diminue pas, mais peut nous rendre plus humains.

Une philosophie pour aujourd’hui

L’incompatibilisme dur de Pereboom constitue une provocation salutaire dans le débat sur le libre arbitre. En refusant les consolations faciles du compatibilisme comme les spéculations métaphysiques du libertarianisme, il nous contraint à penser sérieusement ce que signifierait vivre sans la croyance au mérite moral. Ses conclusions ne sont pas désespérantes : elles invitent à repenser nos pratiques pénales, nos attitudes interpersonnelles, notre rapport au blâme et au pardon.

La moralité, le sens de la vie et les relations authentiques ne requièrent pas que nous soyons les « sources ultimes » de nos actions. Ce qui compte, suggère Pereboom, c’est notre capacité à délibérer, à répondre aux raisons, à nous engager dans des projets qui nous tiennent à cœur. L’incompatibilisme dur, loin de détruire ces capacités, pourrait les purifier de leur gangue rétributive. En ce sens, vivre sans libre arbitre n’est pas une privation, mais une invitation à une forme plus lucide et plus compatissante d’humanité.

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