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Structure
  1. En raccourci
  2. Naissance en Cilicie et formation à Alexandrie
    1. Les années alexandrines
  3. Le transfert à Athènes et la formation auprès de Damascius
    1. L’environnement intellectuel athénien
  4. La fermeture de l’école d’Athènes
    1. L’exil en Perse
  5. Le retour et le statut de philosophe sans école
    1. Un maître sans école
  6. Les grands commentaires aristotéliciens
    1. Le commentaire sur la Physique
    2. Les fragments présocratiques
  7. Le commentaire sur le Traité du ciel
    1. Les corollaires sur le lieu et le temps
  8. Le projet d’harmonisation de Platon et d’Aristote
    1. La méthode harmonisante
  9. La polémique avec Jean Philopon
    1. La défense de l’éternité du monde
  10. Le commentaire sur le Manuel d’Épictète
    1. La consolation sous la tyrannie
  11. La dimension spirituelle des commentaires
    1. La théurgie intellectuelle
  12. La technique exégétique
    1. Les niveaux d’interprétation
  13. La postérité de Simplicius
    1. La transmission arabe
  14. L’influence sur la philosophie médiévale
    1. Les controverses scolastiques
  15. La Renaissance et l’humanisme
    1. Galilée et Simplicius
  16. L’apport à l’histoire de la philosophie
    1. La transmission des commentaires antérieurs
  17. La philosophie propre de Simplicius
    1. La hiérarchie des causes
  18. L’actualité de Simplicius
    1. Les éditions et traductions modernes
  19. Place dans l’histoire de la philosophie
    1. Le dernier des néoplatoniciens athéniens
  20. L’héritage méthodologique
    1. La philosophie comme exégèse
  21. Signification historique et influence durable
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Représentation imaginaire de Simplicius de Cilicie, philosophe néoplatonicien du VIᵉ siècle. Cette image fictive ne représente pas le personnage historique réel.
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Simplicius (480–560) : l’exégèse néoplatonicienne au service de la préservation du savoir ancien

  • 08/11/2025
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Nom d’origineΣιμπλίκιος ὁ Κίλιξ
Nom anglaisSimplicius of Cilicia
OrigineCilicie (Asie Mineure, actuelle Turquie)
Importance★★★★
CourantsNéoplatonisme, école d’Athènes
Thèmescommentaire aristotélicien, harmonisation Platon-Aristote, préservation présocratiques, physique théologique

Parmi les derniers représentants du néoplatonisme païen, Simplicius occupe une place singulière dans l’histoire de la pensée philosophique par l’ampleur de son œuvre exégétique et son rôle dans la transmission du patrimoine intellectuel grec.

En raccourci

Simplicius naît vers 480 en Cilicie, région côtière de l’Asie Mineure méridionale.

Formé à Alexandrie auprès d’Ammonius, fils d’Hermias, il y côtoie Asclépios de Tralles. Il poursuit ensuite sa formation à Athènes où il devient le disciple de Damascius, dernier diadoque de l’école néoplatonicienne.

En 529, l’empereur Justinien ordonne la fermeture de l’école philosophique d’Athènes. Simplicius fait partie des sept philosophes qui cherchent refuge à la cour du roi perse Khosro Iᵉʳ en 532. Un traité de paix conclu en 533 leur permet de rentrer, avec la garantie de pratiquer librement leur philosophie.

Simplicius consacre alors sa vie à la rédaction de commentaires monumentaux sur Aristote : les Catégories, la Physique, le Traité du ciel, et le Manuel d’Épictète. Ces œuvres préservent de nombreux fragments de philosophes présocratiques qui auraient autrement disparu.

Son projet intellectuel vise à harmoniser Platon et Aristote, démontrant que leurs divergences apparentes masquent un accord fondamental. Cette exégèse reflète la volonté de présenter la philosophie hellénique comme une tradition cohérente face au christianisme triomphant.

Simplicius meurt vers 560, probablement à Athènes, laissant une œuvre exégétique qui influence profondément la philosophie médiévale et la Renaissance.

Naissance en Cilicie et formation à Alexandrie

Vers 480, Simplicius voit le jour en Cilicie, région située sur la côte méridionale de l’Asie Mineure, dans l’actuelle Turquie méridionale, au nord-est de Chypre. L’historien Agathias, principal témoin de sa vie, précise cette origine géographique qui détermine le surnom sous lequel la postérité le connaît : Simplicius le Cilicien.

Les circonstances de son enfance et de sa jeunesse demeurent obscures. La Cilicie, province de l’Empire romain d’Orient, connaît à cette époque les tensions religieuses qui traversent l’empire. Le christianisme, religion d’État depuis plus d’un siècle, exerce une pression croissante sur les institutions païennes, particulièrement sur les écoles philosophiques qui perpétuent l’enseignement des traditions helléniques.

Simplicius entreprend sa formation philosophique à Alexandrie, centre intellectuel majeur de l’empire. Il entre dans l’école dirigée par Ammonius, fils d’Hermias, figure éminente du néoplatonisme alexandrin. Ammonius a développé une approche exégétique des textes aristotéliciens qui marque profondément ses disciples.

Les années alexandrines

À Alexandrie, Simplicius côtoie Asclépios de Tralles, condisciple qui deviendra également un commentateur d’Aristote. L’enseignement d’Ammonius porte principalement sur l’interprétation des traités logiques, physiques et métaphysiques d’Aristote. Le maître alexandrin a rédigé d’importants commentaires, notamment sur le traité De l’Interprétation.

La méthode d’Ammonius influence durablement Simplicius. Elle consiste à expliquer systématiquement le texte aristotélicien en s’appuyant sur la tradition exégétique antérieure, tout en cherchant à réduire les oppositions entre Platon et Aristote. Cette approche harmonisante devient un principe fondamental de l’exégèse néoplatonicienne tardive.

Alexandrie offre également à Simplicius l’accès à une bibliothèque considérable. Les collections alexandrines conservent non seulement les œuvres de Platon et d’Aristote, mais aussi celles des présocratiques et des commentateurs. Cette richesse documentaire nourrit l’érudition encyclopédique qui caractérisera ses propres commentaires.

Le transfert à Athènes et la formation auprès de Damascius

Vers 510, Simplicius quitte Alexandrie pour Athènes, accompagnant probablement son nouveau maître Damascius. Athènes demeure le centre spirituel du néoplatonisme, abritant l’école fondée par Plutarque d’Athènes au IVᵉ siècle et continuée par Syrianos, Proclos, Marinos, Isidore de Gaza et Zénodote.

Damascius, originaire de Damas, devient diadoque de l’école athénienne vers 520. Philosophe subtil et mystique, il a développé une théologie négative radicale dans son œuvre majeure, Problèmes et solutions concernant les premiers principes. Pour Damascius, le principe suprême transcende toute dénomination, y compris celle d’« un ». Cette doctrine de l’ineffable influence la métaphysique de Simplicius.

L’environnement intellectuel athénien

L’école néoplatonicienne d’Athènes cultive une approche à la fois philosophique et théurgique. Les maîtres y enseignent non seulement l’exégèse des textes platoniciens et aristotéliciens, mais aussi des pratiques rituelles destinées à élever l’âme vers le divin. Cette dimension spirituelle distingue l’école athénienne de son homologue alexandrine, davantage orientée vers l’enseignement académique.

Simplicius adopte le système théologique élaboré par Proclos et approfondi par Damascius. Cette métaphysique complexe organise la réalité en une série de processus hiérarchisés : depuis l’Un ineffable jusqu’aux réalités sensibles, en passant par l’Intellect, l’Âme du monde et les divinités traditionnelles réinterprétées philosophiquement.

Athènes conserve une bibliothèque philosophique exceptionnelle. Simplicius y consulte des manuscrits rares de philosophes présocratiques qu’il ne pourra plus retrouver facilement par la suite. Cette documentation nourrit les citations abondantes qui parsèment ses commentaires ultérieurs.

La fermeture de l’école d’Athènes

En 528, l’empereur Justinien promulgue un édit ordonnant l’exclusion des païens des fonctions publiques. Cette mesure s’inscrit dans une politique de christianisation systématique de l’empire. Certains païens sont dépossédés de leurs biens, d’autres exécutés. L’édit stipule que ceux qui refusent la conversion au christianisme disposent de trois mois pour quitter l’empire.

L’année suivante, en 529, Justinien interdit l’enseignement de la philosophie et du droit à Athènes. L’école néoplatonicienne, qui avait survécu pendant près de neuf siècles depuis Platon, ferme ses portes. Les biens de l’école, évalués à plus de mille pièces d’or au temps de Proclos, sont probablement confisqués.

L’exil en Perse

Face à cette persécution, sept philosophes décident de chercher refuge auprès du roi perse. Damascius prend la tête du groupe qui comprend Simplicius, Eulamius de Phrygie, Priscien de Lydie, Hermias et Diogène de Phénicie, et Isidore de Gaza. Agathias les décrit comme « la fleur la plus noble des philosophes de notre temps ».

En 532, ils arrivent à la cour de Khosro Iᵉʳ, le roi sassanide qui règne depuis 531. Khosro, connu pour son intérêt envers la culture grecque, a fait traduire en persan des œuvres philosophiques. Les exilés espèrent trouver protection auprès de ce monarque réputé pour sa sagesse.

L’expérience perse se révèle décevante. Les philosophes grecs découvrent que le régime perse ne correspond pas à l’idéal qu’ils s’en étaient formé. Les différences culturelles et religieuses créent des difficultés d’intégration. La vie intellectuelle à la cour perse ne remplace pas l’enseignement et les bibliothèques d’Athènes.

Le retour et le statut de philosophe sans école

En 533, un traité de paix entre Justinien et Khosro inclut une clause protégeant les philosophes exilés. Agathias rapporte les termes de l’accord : les philosophes peuvent rentrer dans leur propre pays et y vivre désormais en sécurité, sans être contraints d’adopter des opinions qu’ils ne partagent pas, ni de modifier leur propre foi.

Cette garantie permet aux philosophes de regagner l’empire byzantin. Damascius se retire probablement en Syrie, sa région d’origine. Quant à Simplicius, sa destination finale demeure incertaine. Les spécialistes contemporains débattent entre plusieurs hypothèses : Athènes, Alexandrie, la Syrie avec Damascius, Harrān en Mésopotamie septentrionale, ou la Cilicie natale.

Un maître sans école

L’hypothèse d’un retour à Athènes paraît la plus probable, malgré l’interdiction d’enseigner publiquement. Simplicius ne peut rouvrir l’école philosophique, mais il dispose probablement encore d’un accès aux bibliothèques athéniennes. L’ampleur de sa documentation ultérieure suggère qu’il bénéficie de collections livresques importantes.

Privé d’enseignement oral, Simplicius se consacre à une activité littéraire intense. Ses commentaires adoptent une forme différente de celle des cours traditionnels. Au lieu de notes prises lors de leçons orales, il rédige des exposés systématiques et détaillés destinés à la lecture privée.

Cette situation de « maître sans école » explique le caractère particulier de ses œuvres. Elles ne répondent pas aux questions d’étudiants présents, mais anticipent les difficultés du lecteur isolé. Les développements y sont plus complets, les citations plus abondantes, les références aux sources plus nombreuses que dans les commentaires issus de l’enseignement oral.

Les grands commentaires aristotéliciens

Vers 535-540, Simplicius entreprend la rédaction de ses commentaires monumentaux sur Aristote. Le Commentaire sur les Catégories constitue probablement sa première œuvre majeure. Ce traité logique d’Aristote avait déjà suscité de nombreux commentaires néoplatoniciens, notamment ceux de Porphyre, Dexippe, Ammonius, Philopon, Olympiodore et Élias.

Simplicius compare systématiquement ces exégèses antérieures. Il établit leurs rapports mutuels et décrit la technique propre à chacune. Cette méthode comparative, qui alourdit considérablement son premier commentaire, ne sera pas maintenue au même degré dans les œuvres ultérieures.

Le commentaire sur la Physique

Le Commentaire sur la Physique d’Aristote représente l’œuvre la plus volumineuse et la plus importante de Simplicius. L’édition moderne établie par Hermann Diels au XIXᵉ siècle occupe près de 1500 pages. Ce commentaire constitue une somme de la philosophie de la nature de l’Antiquité tardive.

Simplicius y développe une physique théologique. Selon la philosophie néoplatonicienne, la Nature constitue un logos physique émanant de logoi mathématiques, eux-mêmes images des Formes intelligibles. Le sensible se fonde ainsi dans l’intelligible par une physique proprement logique.

Cette approche s’oppose à celle d’Alexandre d’Aphrodise, commentateur aristotélicien du IIIᵉ siècle. Alexandre, considérant Aristote comme un matérialiste, interprète la nature comme principe immanent du mouvement. Simplicius réfute cette lecture en démontrant qu’Aristote reconnaît des causes transcendantes supérieures à la nature.

Les fragments présocratiques

Le Commentaire sur la Physique préserve de nombreux fragments de philosophes présocratiques. Simplicius cite longuement Parménide, Zénon, Mélissos, Empédocle, Anaxagore et les atomistes. Il justifie ces citations étendues par la difficulté croissante de se procurer les œuvres originales à son époque.

Cette documentation représente une contribution inestimable à l’histoire de la philosophie. Sans les citations de Simplicius, une part importante de la pensée présocratique serait irrémédiablement perdue. Hermann Diels s’appuiera sur ce matériel pour établir son édition des Doxographes grecs et des fragments présocratiques.

Simplicius ne se contente pas de citer. Il indique souvent l’emplacement des passages dans l’œuvre d’origine, facilitant la reconstitution des textes. Pour Parménide, il conserve le plus long fragment continu du Poème sur la nature. Pour Empédocle, il cite plus de vers que tout autre auteur ancien.

Le commentaire sur le Traité du ciel

Le Commentaire sur le Traité du ciel d’Aristote développe l’astronomie et la cosmologie néoplatoniciennes. Aristote y expose sa théorie des cinq éléments, le mouvement éternel des sphères célestes, et la structure de l’univers. Simplicius interprète cette cosmologie à la lumière de la théologie de Proclos.

Ce commentaire contient également des matériaux précieux pour l’histoire de l’astronomie grecque. Simplicius y discute les théories des mouvements planétaires, notamment les modèles d’Eudoxe et de Callippe. Il préserve des informations sur l’astronomie mathématique qui éclairent l’évolution de cette science.

Les corollaires sur le lieu et le temps

Au sein du Commentaire sur la Physique, Simplicius insère deux longues digressions appelées corollaires. Le premier traite du lieu, le second du temps. Ces développements dépassent largement le cadre de l’exégèse textuelle pour devenir des traités philosophiques autonomes.

Le corollaire sur le temps examine les théories aristotéliciennes et platoniciennes. Simplicius cherche à démontrer que les deux philosophes ne s’opposent pas véritablement sur la nature du temps. Aristote définit le temps comme « le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur ». Platon, dans le Timée, le présente comme « l’image mobile de l’éternité ».

Simplicius soutient que ces définitions expriment des perspectives différentes sur une même réalité. L’approche aristotélicienne décrit le temps tel qu’il se manifeste dans le monde physique. La conception platonicienne révèle son statut métaphysique comme participation à l’éternité intelligible.

Le projet d’harmonisation de Platon et d’Aristote

L’harmonisation de Platon et d’Aristote constitue le fil directeur de toute l’œuvre de Simplicius. Cette entreprise ne représente pas une nouveauté absolue dans le néoplatonisme. Porphyre, Jamblique et Ammonius avaient déjà cherché à réduire les désaccords entre les deux maîtres. Simplicius systématise et approfondit cette démarche.

Il proclame à plusieurs reprises que « l’ancienne sagesse demeure irréfutée ». Les divergences entre philosophes grecs résultent de malentendus, de différences de terminologie ou de niveaux d’analyse distincts. Lorsqu’Aristote critique Platon, il ne conteste pas le fond de la doctrine platonicienne, mais certaines formulations maladroites de disciples qui n’ont pas compris le maître.

La méthode harmonisante

Cette méthode repose sur plusieurs principes herméneutiques. D’abord, l’interprète doit éviter tout préjugé pour ou contre un philosophe. Simplicius reproche à Alexandre d’Aphrodise d’être systématiquement défavorable à Platon, comme d’autres le sont envers Aristote.

Ensuite, il faut distinguer entre l’apparence superficielle des doctrines et leur sens profond. Les théories qui semblent contradictoires en première lecture révèlent leur accord lorsqu’on les examine avec soin. L’exégète doit donc pénétrer au-delà des formulations littérales pour atteindre la signification authentique.

Enfin, Simplicius considère que l’accord universel constitue un critère de vérité. Aristote et les stoïciens utilisaient déjà cet argument. Face au christianisme qui prétend détenir la vérité révélée, les néoplatoniciens veulent démontrer que les principaux représentants de la tradition hellénique partagent une philosophie commune.

La polémique avec Jean Philopon

Jean Philopon, contemporain de Simplicius à Alexandrie, représente son principal adversaire intellectuel. Chrétien formé dans l’école néoplatonicienne d’Ammonius, Philopon a rompu avec l’orthodoxie aristotélicienne sur plusieurs points fondamentaux, notamment l’éternité du monde.

Philopon publie vers 529 un traité intitulé Contre Aristote, où il réfute la thèse aristotélicienne de l’éternité du cosmos. Il développe également une théorie de l’impetus qui anticipe la physique médiévale. Ces innovations heurtent profondément Simplicius, qui y voit une trahison de la tradition philosophique grecque.

La défense de l’éternité du monde

Dans son Commentaire sur le Traité du ciel, Simplicius consacre de longs développements à réfuter Philopon. Il défend l’éternité du monde en s’appuyant sur les arguments d’Aristote, mais aussi sur la théologie platonicienne. Le monde sensible, émanation nécessaire de l’Un, ne peut avoir commencé ni ne peut finir.

Cette position théologique s’oppose frontalement à la doctrine chrétienne de la création ex nihilo. Simplicius ne mentionne jamais explicitement le christianisme dans ses œuvres conservées, mais la controverse avec Philopon revêt une dimension religieuse implicite. Défendre l’éternité du monde, c’est défendre la cosmologie païenne contre la cosmogonie biblique.

Les attaques contre Philopon révèlent l’amertume de Simplicius. Il accuse son adversaire de mauvaise foi, de distorsion délibérée des textes aristotéliciens, d’ignorance des subtilités exégétiques. Cette véhémence inhabituelle témoigne de l’enjeu que représente pour lui la préservation de la tradition hellénique.

Le commentaire sur le Manuel d’Épictète

Parmi les œuvres de Simplicius figure un commentaire sur le Manuel d’Épictète, petit traité de morale stoïcienne. Cette excursion hors du corpus platonicien et aristotélicien s’explique par l’affinité entre éthique stoïcienne et spiritualité néoplatonicienne.

Simplicius présente le stoïcisme comme une propédeutique à la philosophie platonicienne. Les exercices spirituels recommandés par Épictète – examen de conscience, vigilance constante, acceptation du destin – préparent l’âme à l’ascension vers l’intelligible. Le détachement stoïcien préfigure la purification néoplatonicienne.

La consolation sous la tyrannie

À la fin du commentaire, Simplicius évoque avec gratitude la consolation qu’il a trouvée dans la lecture d’Épictète « sous une oppression tyrannique ». Cette allusion suggère que le commentaire fut composé pendant ou immédiatement après les persécutions de Justinien.

La philosophie stoïcienne offre des ressources spirituelles pour affronter l’adversité politique. L’enseignement d’Épictète distingue entre ce qui dépend de nous – nos jugements, nos désirs – et ce qui n’en dépend pas – le pouvoir extérieur, les persécutions. Cette distinction permet de préserver sa liberté intérieure malgré les contraintes externes.

Simplicius développe cette éthique de la résistance spirituelle. Face à l’interdiction d’enseigner, à la fermeture de l’école, à l’hostilité impériale, le philosophe maintient sa dignité par la contemplation. Les tyrans peuvent détruire les institutions, confisquer les biens, contraindre les corps ; ils ne peuvent atteindre l’âme qui s’élève vers le divin.

La dimension spirituelle des commentaires

Les commentaires de Simplicius, malgré leur apparence de traités techniques, possèdent une importante dimension spirituelle. L’exégèse philosophique ne constitue pas une activité purement intellectuelle, mais une pratique contemplative qui élève l’âme du commentateur et du lecteur.

Cette conception reflète l’enseignement de Damascius et, au-delà, celui de Proclos. La philosophie néoplatonicienne tardive unit indissolublement théorie et pratique, connaissance et transformation de soi. Étudier Platon ou Aristote n’est pas seulement comprendre des doctrines, mais participer à la réalité divine que ces doctrines révèlent.

La théurgie intellectuelle

Les néoplatoniciens distinguent traditionnellement entre la théurgie rituelle – pratiques cultuelles censées unir l’âme aux dieux – et la théurgie intellectuelle – contemplation philosophique qui accomplit la même union par la pensée. Simplicius pratique cette seconde forme de théurgie.

L’interprétation des textes philosophiques devient un exercice spirituel. Pénétrer le sens profond d’un passage de Platon ou d’Aristote, c’est s’élever intellectuellement vers les réalités intelligibles que ce passage désigne. La compréhension authentique coïncide avec la conversion de l’âme.

Cette approche explique le sérieux quasi religieux avec lequel Simplicius aborde l’exégèse. Chaque divergence entre Platon et Aristote menace la cohérence de la révélation philosophique. Chaque harmonisation réussie confirme l’unité du divin. L’enjeu dépasse la simple histoire de la philosophie pour toucher au salut même de l’âme.

La technique exégétique

Simplicius développe une méthode de commentaire d’une grande rigueur. Il procède par lemmes, c’est-à-dire en citant d’abord un passage du texte aristotélicien, puis en l’expliquant systématiquement. Cette technique permet de suivre l’argumentation d’Aristote pas à pas.

Pour chaque lemme, Simplicius examine d’abord le sens littéral. Il clarifie les termes techniques, explicite les références implicites, résout les ambiguïtés syntaxiques. Cette lecture philologique minutieuse établit ce qu’Aristote dit effectivement.

Les niveaux d’interprétation

Au-delà du sens littéral, Simplicius cherche la signification philosophique profonde. Il rapporte les interprétations des commentateurs antérieurs – Alexandre, Thémistius, Porphyre, Jamblique, Ammonius. Il discute leurs mérites respectifs, signale leurs erreurs, propose sa propre lecture.

Souvent, il distingue plusieurs niveaux de compréhension. Un passage peut se lire d’abord comme description physique des phénomènes sensibles. À un niveau plus élevé, il révèle des vérités métaphysiques sur la structure de la réalité. Au niveau le plus profond, il exprime des doctrines théologiques sur les hypostases divines.

Cette herméneutique stratifiée permet d’harmoniser les contradictions apparentes. Aristote et Platon peuvent sembler en désaccord au niveau physique, mais s’accordent aux niveaux métaphysique et théologique. Le commentateur doit identifier le niveau auquel chaque philosophe se situe dans tel passage.

La postérité de Simplicius

Simplicius meurt vers 560, probablement à Athènes. Son œuvre survit grâce aux copies manuscrites qui circulent dans l’empire byzantin. Les philosophes byzantins, bien que chrétiens, continuent d’étudier Aristote à travers ses commentaires.

Au IXᵉ siècle, le patriarche Photius possède dans sa bibliothèque des œuvres de Simplicius. Il les mentionne dans son Bibliothèque, compilation de notices sur les livres qu’il a lus. Cette référence témoigne de la diffusion continue des commentaires dans le monde byzantin.

La transmission arabe

Une partie de l’œuvre de Simplicius passe dans la tradition philosophique arabe. Au IXᵉ siècle, des traducteurs bagdadiens, notamment Ḥunayn ibn Isḥāq et ses collaborateurs, traduisent des commentaires aristotéliciens grecs en arabe. Ces traductions permettent aux philosophes musulmans d’accéder à l’exégèse néoplatonicienne.

Les philosophes arabes médiévaux, d’Al-Fārābī à Averroès, s’appuient sur les commentaires grecs pour interpréter Aristote. Simplicius influence ainsi indirectement la philosophie islamique médiévale, même si son nom n’apparaît pas toujours explicitement dans les sources arabes.

Cette transmission arabe joue un rôle dans le retour d’Aristote en Occident latin au XIIIᵉ siècle. Les traductions latines des commentaires arabes véhiculent des éléments de l’exégèse néoplatonicienne, créant une chaîne ininterrompue de transmission depuis l’Antiquité tardive jusqu’à la scolastique médiévale.

L’influence sur la philosophie médiévale

La redécouverte de Simplicius en Occident s’effectue progressivement à partir du XIIIᵉ siècle. Guillaume de Moerbeke, dominicain flamand au service de la papauté, traduit en latin le Commentaire sur le Traité du ciel entre 1271 et 1274. Cette traduction rend accessible aux scolastiques latins l’interprétation néoplatonicienne de la cosmologie aristotélicienne.

Thomas d’Aquin utilise la traduction de Moerbeke dans ses propres commentaires sur Aristote. Il cite Simplicius comme autorité exégétique, bien qu’il ne partage pas toutes ses positions philosophiques, notamment sur l’éternité du monde. La présence de Simplicius dans l’œuvre thomiste assure sa diffusion dans les universités médiévales.

Les controverses scolastiques

Les thèses de Simplicius alimentent plusieurs controverses scolastiques. Sa défense de l’éternité du monde contre Philopon devient un argument dans les débats sur les rapports entre foi et raison. Les averroïstes latins s’en servent pour soutenir que la raison philosophique démontre l’éternité du cosmos, quoique la foi révèle sa création temporelle.

Les commentaires de Simplicius transmettent également aux scolastiques une connaissance approfondie de la philosophie présocratique. Albert le Grand et Thomas d’Aquin puisent chez lui des informations sur Parménide, Empédocle et les atomistes. Cette documentation nourrit les réflexions médiévales sur les principes de la nature.

La méthode harmonisante de Simplicius inspire certains penseurs scolastiques qui cherchent à concilier Aristote avec Platon, ou Aristote avec Augustin. Bien que le projet d’harmonisation soit transposé dans un contexte chrétien différent, la technique exégétique reste similaire : réduire les contradictions apparentes en distinguant niveaux de discours et perspectives d’analyse.

La Renaissance et l’humanisme

La Renaissance redécouvre massivement Simplicius à travers les manuscrits grecs rapportés de Byzance. Les humanistes italiens du XVᵉ siècle, passionnés par la philosophie antique, copient et éditent ses commentaires. La première édition imprimée du texte grec paraît à Venise chez Alde Manuce au début du XVIᵉ siècle.

Cette diffusion imprimée amplifie considérablement l’influence de Simplicius. Les philosophes de la Renaissance peuvent désormais accéder directement à son exégèse d’Aristote sans passer par les traductions latines médiévales. Ils découvrent l’ampleur de son érudition et la richesse de sa documentation sur la philosophie présocratique.

Galilée et Simplicius

Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde de Galilée met en scène un personnage aristotélicien nommé Simplicio. Ce choix du nom n’est pas innocent. Galilée connaît les commentaires de Simplicius et les considère comme représentatifs de l’aristotélisme traditionnel qu’il combat.

Simplicio défend dans le dialogue les thèses aristotéliciennes sur le mouvement et la cosmologie. Galilée le présente comme attaché aveuglément à l’autorité d’Aristote, incapable d’accepter les découvertes de la nouvelle science. Cette caricature fait de Simplicius le symbole d’une philosophie périmée.

Cette récupération polémique témoigne paradoxalement du prestige persistant de Simplicius. Galilée ne choisit pas un adversaire médiocre. En faisant de Simplicius le représentant de l’aristotélisme, il reconnaît implicitement la qualité de son exégèse, tout en contestant ses conclusions physiques.

L’apport à l’histoire de la philosophie

L’importance de Simplicius pour l’histoire de la philosophie dépasse largement son système propre. Les commentaires constituent une source irremplaçable pour la connaissance de la pensée antique. Sans eux, notre compréhension de la philosophie grecque serait gravement appauvrie.

La préservation des fragments présocratiques représente sa contribution la plus évidente. Parménide, Zénon, Mélissos, Empédocle, Anaxagore, Diogène d’Apollonie : tous ces penseurs nous sont connus en grande partie grâce aux citations de Simplicius. Il justifie explicitement ces longues citations par la rareté croissante des manuscrits originaux à son époque.

La transmission des commentaires antérieurs

Au-delà des présocratiques, Simplicius préserve des fragments d’œuvres perdues de commentateurs aristotéliciens. Il cite abondamment Alexandre d’Aphrodise, dont nous avons conservé seulement une partie des commentaires. Il rapporte les opinions de Thémistius, Porphyre, Jamblique, Ammonius, permettant de reconstituer l’évolution de l’exégèse aristotélicienne.

Cette documentation transforme ses commentaires en véritables encyclopédies de l’histoire philosophique. Les spécialistes modernes les consultent non seulement pour comprendre Simplicius lui-même, mais aussi pour accéder à toute la tradition qu’il synthétise. Hermann Diels fonde sur le Commentaire sur la Physique son édition des Doxographes grecs.

La précision avec laquelle Simplicius cite ses sources augmente encore leur valeur documentaire. Il indique souvent la position exacte des passages dans les œuvres originales. Il signale les variantes textuelles. Il distingue citation littérale et paraphrase. Cette rigueur philologique fait de lui une source fiable pour les éditeurs modernes.

La philosophie propre de Simplicius

Au-delà de son rôle de transmetteur, Simplicius développe des positions philosophiques personnelles. Son projet d’harmonisation ne se réduit pas à une compilation érudite ; il exprime une vision cohérente de la réalité.

Sa physique théologique intègre la science naturelle aristotélicienne dans une métaphysique néoplatonicienne. La nature ne constitue pas un principe autonome, mais un instrument par lequel agissent des causes supérieures. Les formes intelligibles déterminent les processus physiques par l’intermédiaire de l’Âme du monde et des logoi séminaux.

La hiérarchie des causes

Simplicius élabore une hiérarchie complexe des causes. Au sommet se trouve l’Un ineffable, principe ultime qui transcende l’être même. De l’Un procède l’Intellect, qui contient les Formes intelligibles. De l’Intellect émane l’Âme du monde, qui contemple les Formes et les projette dans la matière.

Les causes naturelles – matière, forme immanente, nature comme principe du mouvement – occupent le niveau le plus bas de cette hiérarchie. Elles ne sont pas véritablement productrices au sens propre, car la production authentique exige la transcendance de la cause par rapport à son effet. La nature agit comme cause instrumentale des principes supérieurs.

Cette doctrine permet d’harmoniser Platon et Aristote. Platon insiste sur les causes transcendantes, les Formes paradigmatiques qui constituent les modèles éternels des choses sensibles. Aristote analyse les causes immanentes qui opèrent dans le monde physique. Les deux perspectives décrivent des niveaux différents d’une même réalité causale.

L’actualité de Simplicius

La recherche contemporaine redécouvre Simplicius comme penseur autonome après l’avoir longtemps considéré comme simple source pour l’histoire de la philosophie. Les études récentes analysent sa méthode exégétique, sa théologie, son système physique, sa réponse au christianisme.

Les spécialistes de philosophie antique tardive reconnaissent désormais que Simplicius n’est pas un compilateur passif. Il développe une interprétation originale d’Aristote qui transforme profondément le corpus aristotélicien. Sa lecture néoplatonisante influence durablement la réception médiévale et renaissante du Stagirite.

Les éditions et traductions modernes

Depuis le XIXᵉ siècle, les Commentaria in Aristotelem Graeca édités par l’Académie de Berlin ont rendu accessible l’œuvre complète de Simplicius. Ces éditions critiques établissent le texte grec à partir des manuscrits byzantins.

Plus récemment, le projet Ancient Commentators on Aristotle dirigé par Richard Sorabji a entrepris de traduire en anglais l’ensemble des commentaires grecs. Plusieurs volumes consacrés à Simplicius ont déjà paru, rendant son œuvre accessible aux chercheurs qui ne lisent pas le grec.

En français, des traductions partielles commencent à paraître. Le Commentaire sur la Physique fait l’objet d’éditions et traductions sectionnelles. Ces travaux révèlent la richesse philosophique des textes au-delà de leur intérêt documentaire.

Place dans l’histoire de la philosophie

Simplicius représente l’aboutissement d’une tradition philosophique millénaire. Avec lui s’achève le néoplatonisme païen tel qu’il s’était développé depuis Plotin. Après 529, la philosophie grecque survit dans le monde byzantin et arabe, mais transformée et subordonnée aux monothéismes révélés.

Son œuvre incarne la résistance intellectuelle d’une tradition menacée. Face au christianisme triomphant qui prétend détenir la vérité révélée, Simplicius défend la valeur de la sagesse hellénique. Il s’efforce de démontrer que la philosophie païenne forme un système cohérent, confirmé par l’accord des plus grands penseurs.

Le dernier des néoplatoniciens athéniens

Simplicius clôt la liste des diadoques de l’école d’Athènes : Plutarque, Syrianos, Proclos, Marinos, Isidore, Zénodote, Damascius, Simplicius. Cette succession ininterrompue depuis le IVᵉ siècle perpétue l’enseignement platonicien dans sa forme néoplatonicienne. La fermeture de 529 brise cette continuité institutionnelle.

Pourtant, l’influence de l’école survit à travers les textes. Les commentaires de Simplicius transmettent aux générations futures la philosophie néoplatonicienne. Les lecteurs médiévaux, renaissants, modernes accèdent par eux à la pensée de Proclos, Damascius, Ammonius. La tradition orale disparue se perpétue sous forme écrite.

Cette transformation de la philosophie orale en littérature philosophique caractérise l’Antiquité tardive. Les derniers néoplatoniciens consacrent leur énergie à fixer par écrit l’enseignement traditionnel. Conscients de la fragilité de leur position, ils léguer à la postérité des textes qui survivront aux institutions.

L’héritage méthodologique

La méthode exégétique de Simplicius influence durablement l’histoire du commentaire philosophique. Sa manière d’expliquer systématiquement un texte, de comparer les interprétations, de distinguer les niveaux de lecture, devient un modèle pour les commentateurs ultérieurs.

Les scolastiques médiévaux adoptent des techniques similaires dans leurs quaestiones et leurs commentaria. Bien que le cadre théologique diffère, la pratique exégétique reste comparable : établir le sens littéral, rapporter les opinions des autorités, résoudre les contradictions apparentes, dégager la vérité philosophique.

La philosophie comme exégèse

Simplicius incarne une conception de la philosophie où la recherche de la vérité passe par l’interprétation des textes canoniques. Le philosophe n’invente pas ex nihilo une doctrine nouvelle, mais explicite le sens profond des écrits des maîtres. La création philosophique consiste en exégèse créatrice.

Cette approche, étrangère à la philosophie moderne qui privilégie l’originalité individuelle, domine l’Antiquité tardive et le Moyen Âge. Elle repose sur la conviction que les anciens sages ont atteint la vérité et qu’il suffit de les comprendre correctement. L’interprétation devient ainsi l’activité philosophique par excellence.

Simplicius perfectionne cette méthode en intégrant l’histoire de la philosophie à l’exégèse. Pour comprendre Aristote, il faut connaître ses prédécesseurs, ses sources, sa réception. Le commentaire devient synthèse historique autant qu’analyse conceptuelle.

Signification historique et influence durable

Au-delà de ses mérites philosophiques propres, Simplicius représente un moment charnière dans la transmission du savoir antique. Contemporain de la fermeture des écoles païennes, témoin de la christianisation définitive de l’empire, il œuvre consciemment à la préservation d’un patrimoine intellectuel menacé.

Ses commentaires constituent des capsules temporelles qui traversent les siècles. Ils permettent aux lecteurs byzantins, arabes, médiévaux, renaissants, modernes d’accéder à la richesse de la philosophie grecque. Sans cette médiation, une part immense de la pensée antique serait irrémédiablement perdue.

L’œuvre de Simplicius illustre comment la défaite politique et institutionnelle peut se transformer en victoire intellectuelle. L’école d’Athènes ferme en 529, mais la philosophie qu’elle enseignait survit à travers les textes de son dernier représentant. La persécution de Justinien échoue finalement à effacer la tradition hellénique.

Cette résistance par l’écriture conserve son actualité. Elle rappelle que la culture ne se réduit pas aux institutions qui la portent. Les textes survivent aux empires, les idées traversent les effondrements politiques. La tâche du philosophe persécuté consiste à léguer par écrit ce qu’il ne peut plus enseigner oralement.

Simplicius demeure ainsi une figure emblématique pour qui s’intéresse à la transmission culturelle, à la préservation du patrimoine intellectuel, aux stratégies de résistance face à l’adversité historique. Son exemple démontre qu’un individu, par son labeur érudit et sa fidélité à une tradition, peut sauver de l’oubli les trésors d’une civilisation entière.

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