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Structure
  1. Définition et étymologie
  2. Usage philosophique
    1. La définition tripartite classique
    2. Rationalisme et empirisme
    3. La révolution kantienne
    4. Connaître et savoir
    5. Perspectives contemporaines
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Connaissance

  • 11/11/2025
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Définition et étymologie

La connaissance désigne l’ensemble des représentations, des informations ou des croyances qu’un sujet possède sur le monde, sur autrui ou sur lui-même, et qui sont tenues pour vraies et justifiées. Elle se distingue de la simple opinion ou croyance par sa prétention à la vérité et par la présence d’une justification rationnelle. La connaissance implique une relation cognitive entre un sujet connaissant et un objet connu, relation qui peut porter sur des faits empiriques, des vérités mathématiques, des principes moraux ou des états mentaux.

Le terme « connaissance » provient du latin cognoscentia, dérivé du verbe cognoscere (« connaître, apprendre »), lui-même composé du préfixe co- (avec) et de gnoscere (savoir). Cette étymologie souligne la dimension d’acquisition et de saisie intellectuelle. Le grec ancien utilisait plusieurs termes pour distinguer différents types de connaissance : epistêmê (science, connaissance théorique), technê (savoir-faire pratique) et gnôsis (connaissance intuitive ou révélée).

Usage philosophique

La définition tripartite classique

Depuis Platon, la tradition philosophique définit la connaissance comme une croyance vraie justifiée. Cette définition tripartite établit trois conditions nécessaires : (1) le sujet doit croire que p ; (2) la proposition p doit être vraie ; (3) le sujet doit avoir de bonnes raisons de croire que p. Dans le Théétète, Platon examine cette définition et soulève déjà des difficultés quant à la nature de la justification requise. Simple opinion vraie n’est pas connaissance : celui qui devine correctement le chemin sans le connaître n’a pas de véritable savoir.

Cette conception a dominé l’épistémologie jusqu’en 1963, quand Edmund Gettier publia des contre-exemples célèbres montrant qu’une croyance peut être vraie et justifiée sans constituer une connaissance. Par exemple : je regarde l’heure sur une horloge arrêtée, qui indique par hasard la bonne heure au moment où je la consulte. Ma croyance sur l’heure est vraie et justifiée (j’ai regardé une horloge), mais ce n’est pas une connaissance. Ces cas de Gettier ont relancé le débat sur la définition adéquate de la connaissance.

Rationalisme et empirisme

Le débat entre rationalistes et empiristes structure l’histoire de l’épistémologie moderne. Pour les rationalistes (Descartes, Spinoza, Leibniz), certaines connaissances sont innées ou découlent de la seule raison, indépendamment de l’expérience sensible. Descartes, dans les Méditations métaphysiques, cherche un fondement certain dans le cogito (« je pense, donc je suis ») et établit que les vérités mathématiques et métaphysiques sont accessibles par l’intuition intellectuelle pure.

Les empiristes (Locke, Berkeley, Hume) soutiennent au contraire que toute connaissance provient de l’expérience. Locke rejette les idées innées et compare l’esprit à une tabula rasa (table rase) sur laquelle l’expérience vient inscrire les contenus cognitifs. Hume radicalise cette position en montrant que même des notions apparemment évidentes comme la causalité ne sont que des habitudes mentales dérivées de l’expérience répétée, sans fondement rationnel nécessaire.

La révolution kantienne

Kant opère une synthèse révolutionnaire dans la Critique de la raison pure. Il distingue les jugements analytiques (dont la vérité découle de l’analyse des concepts) et synthétiques (qui ajoutent une information nouvelle), ainsi que les connaissances a priori (indépendantes de l’expérience) et a posteriori (dérivées de l’expérience). Sa grande découverte est celle des jugements synthétiques a priori, comme les vérités mathématiques ou les principes de la physique newtonienne, qui sont à la fois informatifs et nécessaires.

Kant affirme que nous ne connaissons pas les choses en soi (Ding an sich) mais seulement les phénomènes tels qu’ils apparaissent dans les formes a priori de notre sensibilité (espace et temps) et sous les catégories de notre entendement (causalité, substance, etc.). La connaissance résulte ainsi d’une coopération entre la réceptivité sensible et la spontanéité intellectuelle.

Connaître et savoir

La philosophie française distingue parfois « connaître » (relation directe, acquaintance) et « savoir » (connaissance propositionnelle). Je connais Pierre (relation personnelle) mais je sais que Paris est la capitale de la France (connaissance factuelle). Cette distinction, que l’anglais marque par knowledge by acquaintance versus knowledge by description (Bertrand Russell), soulève la question des différents modes d’accès cognitif au réel.

Perspectives contemporaines

L’épistémologie contemporaine explore de multiples dimensions : l’épistémologie sociale examine comment les communautés produisent et valident la connaissance ; l’épistémologie des vertus (Linda Zagzebski, Ernest Sosa) définit la connaissance par les qualités intellectuelles du sujet plutôt que par des conditions externes ; l’épistémologie naturalisée (Quine) propose d’étudier la connaissance comme phénomène naturel relevant des sciences cognitives.

Le débat entre fondationnalisme (la connaissance repose sur des croyances de base indubitables), cohérentisme (la justification est une affaire de cohérence mutuelle entre croyances) et fiabilisme (ce qui compte est la fiabilité du processus producteur de croyances) continue de structurer la réflexion sur la nature et les limites de la connaissance humaine.

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