De nombreux médias utilisent désormais l’intelligence artificielle pour produire du contenu, avec des degrés de transparence très variables. Certains le revendiquent ouvertement, d’autres l’occultent complètement, beaucoup naviguent dans une zone grise où l’IA assiste des rédacteurs humains sans que cette collaboration soit clairement explicitée.
Connaître l’origine des textes permet d’ajuster les attentes et la lecture critique. Un article écrit par un auteur reconnu mérite une attention différente d’un contenu généré par IA, même si ce dernier peut être informatif et bien structuré. Cette transparence respecte l’intelligence du lecteur et lui permet de porter un jugement éclairé.
L’AI Act (Règlement européen sur l’intelligence artificielle) est la première législation mondiale encadrant l’IA, adoptée par l’UE en 2024. L’AI Act classe les systèmes d’IA en quatre niveaux de risque.
- Le niveau inacceptable regroupe les pratiques interdites : notation sociale, manipulation subliminale, exploitation des vulnérabilités, reconnaissance faciale de masse en temps réel.
- Le niveau élevé concerne les systèmes touchant à des domaines sensibles (recrutement, crédit, justice, éducation, biométrie) et impose des obligations strictes de documentation, d’audit, de supervision humaine et de gestion des risques.
- Le niveau limité vise principalement les systèmes interagissant avec les utilisateurs (chatbots, générateurs de contenu, deepfakes) et exige essentiellement de la transparence : informer l’utilisateur qu’il interagit avec une IA ou que le contenu a été généré artificiellement.
- Enfin, le niveau minimal englobe la grande majorité des systèmes d’IA courants (filtres anti-spam, moteurs de recommandation, assistants de rédaction) et ne fait l’objet d’aucune obligation particulière.
- Philosophes.org utilise l’IA en assistance rédactionnelle ce qui correspond au risque minimal : il n’y a pas d’obligations spécifiques au-delà de la transparence volontaire que nous pratiquons.
Le rédactionnel hybride
Les contenus de Philosophes.org sont hybrides, c’est-à-dire qu’ils sont sont rédigés par des rédacteurs humains qui s’aident des technologies de l’information comme les moteurs de recherche et l’intelligence artificielle. Il s’agit d’un processus complexe au cours duquel certains élément sont écrits par des humains et révisés par l’IA, ou le contraire.
L’équipe éditoriale décide des sujets à traiter (articles, biographies etc). Cette approche est uniquement humaine, guidée par la curiosité et le jugement personnel de chacun. Le traitement (plus ou moins d’outils technologique) diffère ensuite selon le type d’article. Les biographies sont réalisées par l’IA et relues et corrigées par un rédacteur car elles sont purement factuelles. Les articles, eux, sont le résultat d’un processus bien plus complexe qui fait intervenir rédacteurs et IA dans des proportions si variables qu’il est impossible de les mesurer.
Bref, nous utilisons l’IA pour ce qu’elle est : un excellent outil d’assistance rédactionnelle, lorsqu’elle est employée par une main qui sait s’en servir. Ce processus n’est pas différent de ce qui se produit dans une rédaction traditionnelle, où un rédacteur en chef supervise des chefs de rubrique, lesquels supervisent des rédacteurs. Tous sont journalistes, mais les responsabilités diffèrent.
Ce qui détermine la valeur éthique d’un contenu, ce n’est pas l’outil utilisé pour le produire, mais la rigueur du processus éditorial et le respect du lecteur. Philosophes.org est un site de vulgarisation, non une revue académique originale.
Notre ambition est de rendre accessibles des idées, des auteurs et des concepts, pas de produire une pensée philosophique nouvelle. Dans cette optique, l’IA constitue un outil d’aide à la rédaction pour des rédacteurs humains qui assument la responsabilité éditoriale des contenus publiés. Cette transparence sur nos méthodes vous permet de décider du niveau de confiance que vous nous accordez.
Nos articles ne sont pas signés
Aucun nom d’auteur n’apparaît sur nos articles. C’est un choix rédactionnel inspiré par le magazine britannique The Economist, qui publie tous ses textes de façon anonyme depuis la parution de son premier exemplaire au XIXe siècle. Comme eux, nous voulons parler d’une seule voix éditoriale. Les textes ne sont pas signés afin que le lecteur perçoive l’article comme émanant de Philosophes.org dans son ensemble, et non comme l’opinion de tel ou tel journaliste. Ce n’est pas une question d’IA : l’anonymat permet de mettre au premier plan l’argument. Comme The Economist, nous pensons que le contenu compte plus que le nom qui le signe. L’autorité d’un article doit venir de la solidité des faits, de l’analyse et du style, pas de la réputation d’une signature.
Un article de The Economist est rarement l’œuvre d’une seule personne : il y a le correspondant, les éditeurs, le fact-checking… L’absence de signature renforce l’idée de travail collectif. L’anonymat facilite cette organisation en réseau de correspondants, tous parlant au nom du titre plutôt qu’en leur nom propre. L’approche est la même pour Philosophes.org.
Ce que Philosophes.org n’est pas
Nous l’avons dit, nous ne sommes pas un site de « contenu original » au sens où nous ne créons pas de nouvelles thèses philosophiques.
Cependant, lorsque nous publions un article, celui-ci est unique et ne constitue pas une copie d’un article. S’agit-il pour autant d’un article original ? C’est variable. Certains de nos articles sont effectivement tout à fait originaux, en ce sens qu’ils résultent d’un processus éditorial complexe qui aboutit nécessairement à une singularité.
Cependant, lorsqu’il s’agit d’un article portant sur un auteur déjà abondamment commenté (par exemple Kant), nous pouvons difficilement prétendre à la moindre originalité sur le fond. C’est peut-être la forme qui est différente, car nous essayons de rendre la philosophie et les disciplines connexes facilement accessibles. La philosophie a trop longtemps été l’apanage de vieillards barbus ou d’intellectuels — et plus souvent encore de pseudo-intellectuels. Avez-vous remarqué à quel point quelqu’un qui parle de philosophie paraît soudain intelligent ? Nous voulons briser ce cliché. Il est temps que la philosophie sorte de sa tour d’ivoire, descende dans la rue et se donne à tous, sans distinction de classe sociale, d’éducation ou de religion. Philosopher, ce n’est pas être intelligent ; c’est exister en essayant de mieux comprendre le monde.
Philosophes.org n’est pas un site d’actualités philosophiques. Nous ne publions pas d’interviews de penseurs. Nous ne sommes pas non plus un site de débats ni une tribune. Nous nous efforçons toujours de présenter les différentes positions avec neutralité. Par exemple, certaines personnes du comité rédactionnel sont athées et d’autres sont croyantes. La foi de chacun ne doit en aucun cas transparaître dans les articles dédiés à la religion, que nous essayons de rédiger avec la plus grande objectivité possible. En revanche, nous nous efforçons de faire en sorte que la science et la rationalité guident notre démarche.
Autres aspects
Des erreurs peuvent-elles se glisser ?
Évidemment. Nous sommes humains et nous pouvons faire des erreurs, et même nos outils d’IA peuvent faire des erreurs. Les erreurs peuvent être purement formelles (syntaxe, orthographe, mise en forme oubliée, enrichissements typographiques) ou porter sur le fond (dates, confusions diverses).
Aucun média ne peut prétendre à l’exactitude parfaite, même ceux publiés par des hordes de journalistes épaulés de secrétaires de rédaction au regard aiguisé, dont les textes passent ensuite sous les fourches caudines de la vérification automatique. Nous ne faisons pas exception à la règle. Si vous constatez une erreur, merci de nous la signaler à [email protected] : nous ferons de notre mieux pour la rectifier promptement.
Quels outils d’IA sont utilisés ?
Nous utilisons plusieurs outils, parmi lesquels des LLM grand public, mais principalement des modèles propriétaires basés sur des solutions open source, dont les approches sont enrichies avec des bases de connaissances spécifiques.
Le cas particulier des tout premiers articles
Il faut noter qu’au début de la vie du site, lors des premières ébauches en 2024, les premiers textes publiés avaient été générés de façon beaucoup plus automatisée par un outil d’IA fourni par un prestataire. Ces articles plus anciens, bien qu’ils ne soient pas inexacts, manquent de profondeur et témoignent d’une qualité d’analyse qui nous paraît aujourd’hui insuffisante. C’est pourquoi nous travaillons à les remplacer au fil de l’eau par des versions améliorées, tout en conservant la date de publication initiale.
Le cas des images
La plus grande partie des images illustrant les articles est issue d’outils de génération automatiques IA. Ces images ne sont pas retouchées et publiées telles quelles. Pour cette raison, les « portraits » qui illustrent les biographies n’ont pas pour but de donner une représentation exacte de la personne. Il s’agit simplement d’une illustration visuelle, sans aucune valeur documentaire. Notez que les philosophes antiques sont représentés par une image de style photographique, parce que dans la plupart des cas on ignore à quoi ils ressemblaient. En revanche, pour les philosophes moderne, nous optons pour un portrait de type « peinture artistique » car cela nous permet d’illustrer la biographie de la personne sans prétendre à l’exactitude.
Avertissement
Philosophes.org est un site de vulgarisation, non une source académique. Il peut contenir des erreurs ou approximations. Utilisez-le comme point de départ pour découvrir un sujet, mais référez-vous toujours aux sources primaires et aux ouvrages académiques pour vos travaux notés, ou pour approfondir.